TRANSITION ou ALTERNATIVE ?

Quitter le nucléaire, l’aéroport de ND des Landes, le gaz de schiste ou quitter le monde qui les produit?
Le bois granulé aux mains des grands marchands peut être du capitalisme vert moins destructeur sur le moment mais autant sur le long temps en ce qu’il y a maintien de la croissance qui dévore la planète et qui opprime les humains dans le même mouvement systémique : d’un côté une planète mise à sac à bout de souffle, de l’autre le salariat, le chômage de masse, de plus en plus de grande pauvreté, des profits privés monstrueux, une culture de la compétitivité et de la concurrence généralisée, la colonisation des consciences et des désirs

La démarche Cen est de chercher des expérimentations alternatives collectives et de les colporter sous des formes vivantes (dans la rue, aux HLM, sur un festival, dans des marchés, sur site alternatif, etc…) tout en créant des évènement pour susciter une agitation (ou bataille) des idées voire une mutation des pensées dans l’espace de la société civile, afin qu’elle devienne force politique par la reprise en main de son destin.

 

Quelles alternatives ?

 

Celles qui abordent l’écologie par le social, la domination de la nature par l’exploitation et la domination de quelques uns sur les autres celles qui nous font sortir du marché bref qui nous (les plus pauvres et quelques autres) redonnent de l’autonomie alimentaire d’habitation énergétique intellectuelle…etc

 

La mode est à l’autonomie individuelle : ma maison, mon solaire, ma phyto épuration…
C’est sans doute un esprit de changement qui traverse chacun et c’est en ce sens positif, mais qui se trouve pris dans l’idéologie dominante laquelle pousse à la recherche du bien être individuel comme but ultime de la vie (dont consommation effrénée pour qui dispose des moyens, cf à la télé ces files d’attente et à l’ouverture, la ruée sur l’Ipad à 800 Euros)

Cette mode reflète l’esprit moyen du temps de l’argent et du bonheur conforme et l’esprit classes moyennes écolos

 

Ces solutions individuelles assurant une cohérence à ceux qui disposent déjà de moyens Ne soyons pas réducteur elles permettent aux plus pauvres d’envisager de s’en sortir avec un terrain mais là les ennuis commencent car le foncier est la proie des marchés…

 

Ces solutions individuelle produiront-elles en s’additionnant un effet de rupture d’avec les désordres globaux produits par un système mortel le capitalisme, en phase ultra financiarisé, globalisé et en effondrement général entraînant une possible barbarie sociale-écologique (cf celle du fascisme après la crise de 29)?

 

La réflexion épistémique montre que le tout n’est pas la somme des parties individuelles….mais qu’il est dans chaque partie

 

Il n’y a pas plus de main invisible du marché que de solutions individuelles dont l’addition serait automatiquement bénéfique en terme de changement social et écologique.

 

C’est une croyance aussi illusoires que le portage de la goutte d’eau des Colibris sur l’incendie de brousse…

 

Par contre un changement qualitatif global peut provenir d’un réseau de forces locales collectives en ruptures (et là l’individuel retrouve sa portée dans des dynamiques collectives).

 

Des milliers de réseaux alternatifs et d’éduc pop peuvent tranchée après tranchée faire rompre le front de l’argent… car des idées neuves qui s’emparent (dont s’emparent) des masses font forces matérielles…

Le pouvoir d’en haut ne tient que par délégation de ceux d’en bas…

 

Qu’ils se réapproprie celui-ci dans le changement de la vie (écologique sociale économique culturelle) et le rapport de force change en faveur de la vie actuellement détruite par les productions effrénées voulues par les actionnaires milliardaires et millionnaires maîtres du monde

 

Nous cherchons des solutions collectives sur l’idée que l’accroissement conjugué des périls (climat, pétrole, famine, empoisonnement, effondrement économique et social) faît aussi naître ce qui peut sauver…

 

Une bonne attaque pour la transition vers une société meilleure consiste à ne pas se cantonner à la “transition écologique” qui serait une illusion de croissance verte…

 

Celle-ci (la croissance verte) sous entend que l’économie casino baptisée “notre économie” par les élus verts (comme les roses) puisse être verdie alors que sa logique profonde (l’accumulation) implique les : productivisme/extractivisme/industrialisme/gigantisme/consumérisme/pillage des ressources saccage de la planète/creusement hallucinant des inégalités sociales/misère de milliards d’humains/effondrement du climat et de la biodiversité.

 

Il ne s’agit pas pour nous de prioriser la question de la socialisation et de la démocratie pour remettre à plus tard la résolution de l’effondrement écologique…
L’écologie sociale a pour ligne d’horizon salvatrice la reprise de pouvoir sur la cause du désastre, l’accumulation mondialisée du capital par la “socialisation” de la propriété des moyens de production, combinée à la notion d'”économie écologique” (sans croissance destructrice). selon des modalités dites de “démocratie économique” c’est à dire une économie de résilience sans croissance quantitative…

Une production mixte avec le plus possible en propriété sociale relocalisée une production orientée par la satisfaction des besoins prioritaires les plus naturels et nécessaires du peuple selon les critères du BNB (bonheur national brut) qui au Boutan par exemple ne marche pas avec la croissance car aux USA le BNB décline avec la croissance du PNB (PIB)
L’expérimentation en grand de solutions locales en matière d’énergie renouvelables en régie municipale et DDT montre qu’on peut ainsi entrer dans un autre monde, redonnant confiance (empowernement) dans la force du collectif démocratique, un monde, sans croissance ni verte ni noire, marginalisant le Capital , un monde divisant par 4 les émissions de C02 comme à Gussing (Autriche) devenue autonome en énergie sans promouvoir ni la voiture électrique désastreuse, ni l’éolienne géante de Suez à 7/8 millions l’unité, ni le tri biomécanique foireux , ni l’industrialisation du bio alimentaire, ni le chauffage par granules repris en main par le Capital et destructeur de forêts poumon d’oxygène.. Un monde où l’on décide de ce que l’on doit produire et donc où l’on ne dépense pas ce qu’on ne produit pas, c’est à dire juste ce qu’il faut là où il faut…

 

 

Elle montre qu’un

La démocratie est la dictature douce des pauvres sur les riches tant qu’il y en aura..
Elle permet de réduire les inégalité sans développer la croissance de la production (cf Jean Gadrey)
La démocratie directe territoriale comme moyen et comme but permet de construire un rapport de force non violent pour les personnes susceptible de réduire la toute puissance des forces économiques et politiques dominantes de réduire la dictature des marchés, des banques des multinationales, des grandes surfaces, des politicards, des requins de l’immobilier, du nucléaire.
Si elle se développe elle peut permettre aux classes moyennes comme aux dominés dans le feu des luttes collectives. des débats, des actions, des gestions coopératives de se changer la tête, bref de moins être colonisés de l’intérieur par la culture du Capitalisme et son productivisme, de ne plus accueillir en eux les idées de l’oppressions, de ne plus reconduire sans cesse le système par tacite et inconsciente reproduction et collaboration….

 

Un peu comme en Bolivie (on l’espère d’ici…) où les communautés locales ont élu pour les représenter Moralès, un indien comme eux, militant syndical et communautaire, pour changer l’état mettre sa puissance dans la balance des forces pour changer la propriété économique et pour protéger leur mode de vie d’une culture de la modernité ultra libérale ravageuse.
La puissance de l’état n’est que transitoirement mise à profit pour devenir un appui dans les luttes pour le maintien ou la conquête du plus d’autonomie locale, on l’espère encore aussi, dans une perspective de dépérissement de ses fonctions répressives (l’état des classes dominantes) en conservant le meilleur de ses fonctions redistributrices si des redistributions doivent encore passer par l’état (l’essentiel peut être pris en main au local, en direct, cf écoles, dispensaires, coopératives, comme …au Chiapas)

Ainsi en Bolivie l’armée a-t-elle été envoyée sur les puits de gaz nationalisés y faire respecter le prix fixé par le gouvernement et non comme auparavant pour y sécuriser des compagnies étrangères pilleuses, méprisant le droit du sol des autochtones. L’argent du gaz récupéré peut alors s’investir en dispensaires et écoles…

 

Mais quels dispensaires et écoles ?

Ceux celles qui favorisent l’émancipation intellectuelle l’autonomie de pensée mais aussi le respect des cultures d’origine respectueuse de la Nature, le développement local autonome la démarche de santé responsable préventive et naturelle ? Ou la soumission à l’autorité, la délégation du pouvoir de penser et de faire aux spécialistes la course à l’argent qui tue le meilleur des savoirs et de la culture populaires pour un mode de vie ectoplasmique…
Ici nous maintenant nous pouvons commencer à sortir du capitalisme et non à le reconduire en le verdissant…

Sur le site Cen, Marinaleda, Mondragon, Vandoncourt, Gussing, Mouans Sartoux, Montdidier, des communes allemandes…donnent à réfléchir

 

André Duny

 

 

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.