Agriculture paysanne agro écologie et BIODIVERSITE

Agriculture paysanne agro écologie et BIODIVERSITE

Pour le DROIT de SOIGNER les PLANTES par les PLANTES pour le droit à faire son PURIN d’ORTIE “INTERDIT” par la LOI pour le DROIT de RESEMER contre les MULTINATIONALES agrariennes et semencières qui FONT la LOI par ACTEURS interposés…

Ou au fond d’une goutte de purin il y a tout un monde “libéral” global.

Voici après tant d’autres la recette que nous (www.la-cen.org) diffusonspour protester contre une décision législative inique pour l’autonomie et la sécurité alimentaires des populations et pour l’agriculture paysanne le maraîchage bio locale, la permaculture, l’agroécologie, et aussi les régies municipales coopératives en ceintures vertes

Mais avant quelques lectures :

a) Nos lois protègent-elles la bio diversité et notre santé

b) les paysans ne sont pas des contrebandiers

c) Arrêtons de bétonner nos terres nourricières !

d) Bienvenue dans l’agriculture de demain, libérée des pesticides et du pétrole, et créatrice de dizaines de milliers d’emplois de qualité

e) Fermes bio productives d’emplois (1SMIC par 1000 m2) et de santé “Plus la ferme est petite plus elle est productive” (site de l’Ecologiste)

f) Pistes pour une agriculture écologique et sociale

g) La loi

h) la recette du purin d’ortie

 

A- Nos lois protègent-elles la bio diversité et notre santé?

“Nos” lois nationales ne sont plus que des transcriptions à 75% de directives européennes édictées par une Commission non élue, soumise à un lobbying intense de 12000 employés des multinationales à Bruxelles) elles sont donc de plus en plus directement dictées ou inspirées par les multinationales de la chimie et de l’agro-alimentaire.

Dès lors que ll’Europe, les états et les élus eux mêmes ne les mettent pas à la loi c’est à dire au respect de l’intérêt général les multinationales et les banques ont en position de toute puissance.

On l’a vu par de multiples documentaires (sur ARTE entr’autres) : celles du tabac, de l’amiante, de l’aluminium , des pesticides (alliés aux OGM et engrais), pouvaient être requalifiées de criminelles.
Les directions et cadres ont pu choisir sciemment de continuer à tuer des consommateurs ou utilisateurs (dont ouvriers à la production) pour ne pas rogner sur le profit de leurs actionnaires (Cf “Monsanto une multinationale qui vous veut du bien” Ou “Du poison dans nos assiettes” de MM Robin).
Vu leur puissance financière elles ont pu subvertir depuis longtemps médias et chercheurs, acheter les consciences cacher les risques graves et avérés.
Les états parfois gardiens de l’intérêt général sont désormais leurs alliés la plupart du temps.

A la base le contrôle des semences

Ainsi, en France, le catalogue des semences autorise à la vente environ 180 variétés seulement (hybrides pour l’essentiel , ultra standardisées) au lieu des 500 d’il y a peu. Ce monopole légal accordé par le législateur (nos “élus”) aux monopoles semenciers consolide leur puissance et leur domination sur le vivant qui se voit privatisé, commercialisé, marchandisé..
Désormais les paysans du moins ce qu’il en reste face aux grandes “exploitations” agricoles doivent les racheter chaque année : la plupart des hybrides (et tous les OGM et mutagènes non objet d’un affichage donc entrés clandestinement dans les consommations humaines et animales) ne peuvent être multipliés et disposent d’une licence.
Les anciennes variétés sont moins belles d’apparence mais nettement meilleures en nutriments et vitamines, elles ont aussi le tort d’être moins résistantes aux pesticides ou aux manipulations en grande surface ou à la conservation dans les hangars ou dans les camions sur de longues distances…
Les dizaines de milliers de variétés locales “population” qui font la bio diversité, le goût varié, l’identité du territoire, la santé et qui peuvent être resemées par les paysans et les jardiniers en toute autonomie soit ont disparu soit sont sauvées dans des conservatoires s’étant organisés par et dans la société civile : associations producteurs militants organisation paysannes non liées au système comme la FNSEA.

Tenter d’interdire la vente et donc la circulation et l’utilisation du purin d’orties s’inscrit donc dans ce monde capitalistique de la privatisation (et destruction) de la vie au profit des toutes puissantes finances et industries et surtout de leurs actionnaires privés soutenus par les états

Un autre monde cherche à sortir de leur faillite mais ceci est un affaire de mobilisation massive de la société civile à laquelle nous cherchons à contribuer !

B- NOUVELLE ACTION : Pas contrebandiers ! Paysans !

Ce vendredi 4 avril, 3 actions ont lieu simultanément en Rhône-Alpes pour défendre la même cause : une Conférence-débat « Les soins par les plantes, une pratique en danger », à Eurre (Drôme), une action civique d’épandage d’une préparation naturelle interdite sur une ferme à Colombier-le-Vieux (Ardèche) et une action symbolique aux douanes de Lyon

A Lyon, plus de soixante personnes ont répondu à l’appel de la Confédération paysanne de Rhône-Alpes pour rappeler aux sénateurs que les paysans ne sont pas des contrebandiers !

Cinq bagnards, munis de boulets aux pieds, ont remis symboliquement à la Direction régionale des Douanes à Lyon des produits potentiellement considérés comme des contrefaçons : du pain au levain fermier, un fromage fermier, un vin vinifié avec des levures indigènes, un purin d’ortie et des semences paysannes. En effet, tous ces produits sont susceptibles de contenir des informations brevetées, et donc d’être saisis et détruits par les douanes, selon la Loi contrefaçons publiée au Journal Officiel en février 2014. Pourquoi tant d’acharnement contre des paysans qui travaillent avec ce que la nature offre de plus simple ? Peut-on mettre au même niveau un faux  polo Lacoste et un vin produit à partir de levures que le vigneron a lui même reproduit dans son cuvage ? Comment ne pas voir dans cette Loi une volonté délibéré de soumettre les paysans à l’agrobusiness (semences, chimie, pharmacie…), en les forçant à leur racheter éternellement des produits qu’ils reproduisent et sélectionnent eux même ?

Lundi 7 avril débute l’examen de la Loi d’Avenir Agricole et Forestière (LAAF) au Sénat.

Les législateurs ont la possibilité d’y inscrire une exception agricole générale à la Loi sur les contrefaçons. Ils doivent se positionner clairement pour cesser de mettre des bâtons dans les roues de pratiques paysannes simples, pleines de bon sens, transmises depuis la nuit des temps et conformes aux attentes de la société.

Nous demandons donc aux sénateurs d’inscrire dans la LAAF :

 

·         – que les semences de ferme de toutes les espèces, mais aussi les animaux et les préparations naturelles produits à la ferme, ne sont ni des contrefaçons, ni des certificats d’obtentions végétales, ni des brevets

·         –  que les paysans puissent continuer à les reproduire gratuitement et à en commercialiser les produits lorsqu’ils sont informés de la présence fortuite d’une information génétique brevetée

·         –  que les semences de variétés paysannes « populations » puissent être mises sur le marché

·         – que les préparations naturelles peu préoccupantes (PNPP), type purin d’ortie, puissent être utilisées et commercialisées en dehors du champ d’application des lois sur les pesticides qui les interdisent de fait (obligation d’Autorisations de mise sur le marché, dont le coût est prohibitif).

Alors que l’« agro écologie » est dans tous les discours du Ministre de l’Agriculture, il est grand temps de joindre la parole aux actes.

Contacts :
  • Guy Kastler, responsable de la commission semences de la Confédération paysanne nationale: 06 03 94 57 21 (sur le fond du dossier)
  • Vincent Rouzé, paysan à Avenas (69), Secrétaire départemental de la Confédération paysanne du Rhône (en charge de la coordination de l’action) : 04 74 69 92 70
  • Confédération paysanne Rhône-Alpes (Samuel Richard, animateur du Rhône en charge de la coordination de l’action : 04 78 38 33 97

C- Arrêtons de bétonner nos terres nourricières !

Vote de la loi d’avenir agricole : PETITION Arrêtons de bétonner nos terres nourricières ! Adressée à : M. le Premier Ministre et M. le Ministre de l’Agriculture

Dans le cadre du vote en cours de la loi d’avenir agricole, nous demandons aux responsables gouvernementaux de prendre des mesures rapides et efficaces pour stopper l’artificialisation (1) de nos précieuses terres nourricières. L’urbanisation incontrôlée de notre territoire fait disparaître, en moyenne, 78 000 ha de surfaces agricoles par an. Ce phénomène est d’autant plus préoccupant qu’il s’est accéléré au cours de ces dernières décennies. Il équivaut, aujourd’hui, à la surface moyenne d’un département entier tous les 7 ans, ou à un stade de football toutes les 5 minutes.

L’incroyable gaspillage de cette ressource naturelle a de graves conséquences pour notre pays, à la fois sur le plan économique, social et environnemental :

– affaiblissement de notre filière agricole et agro-alimentaire (premier employeur national), qui fragilise de nombreux territoires ruraux, en particulier les territoires périurbains,

– déficit de notre balance commerciale agricole (hors vins et spiritueux),

– imperméabilisation des sols aggravant les phénomènes d’inondations dans de nombreuses régions, avec des conséquences humaines et économiques de plus en plus lourdes,

– limitation des infiltrations indispensables pour l’épuration des eaux, le recyclage d’effluents divers, et la régénération de nos nappes phréatiques,

– perte de capacité de nos sols à stocker du carbone sous forme de matière organique,

– diminution de la biodiversité présente dans les zones agricoles,

– détérioration de notre cadre de vie, de nos paysages et de notre attractivité touristique,

– régression de notre agriculture de proximité, de la qualité et de la diversité de notre alimentation, et de notre identité gastronomique et culturelle, à la fois locale et nationale,

– rallongement de nos circuits d’approvisionnement, qui participe à l’augmentation du transport de marchandises sur longue distance, avec de multiples nuisances.

 

Au-delà de nos frontières, ce gaspillage français accroît la dépendance alimentaire de l’Europe vis à vis de l’extérieur (face à un marché agricole mondial de plus en plus spéculatif et à une concurrence toujours plus vive pour l’accaparement des terres).

Nous demandons donc au Premier Ministre et au Ministre de l’Agriculture de renforcer le pouvoir des Commissions Départementales de Préservation des Espaces Naturels, Agricoles et Forestiers (CDPENAF) (2), dans le cadre de la future loi d’avenir sur l’agriculture, l’alimentation et la forêt.

Pour cela, ces commissions doivent avoir un avis décisionnel sur tout projet d’urbanisme ou d’aménagement qui aurait pour conséquence de réduire un espace à usage ou à vocation agricole, qu’il y ait un document d’urbanisme approuvé ou non sur le territoire concerné.

Cette mesure permet :

– de respecter les engagements pris par le gouvernement lors de la Conférence Environnementale de septembre 2012,

– de suivre les recommandations de la Cour des Comptes, remises à Jean-Marc AYRAULT en août 2013 (3),

– de prendre en compte les amendements proposées par de nombreu(ses)x parlementaires, représentant l’ensemble de l’échiquier politique, dans le cadre de la future loi d’avenir agricole.

 

Une mesure similaire a été mise en place par le Québec grâce à la loi du Zonage Agricole de 1978. Avec 36 ans de recul, cette mesure a objectivement prouvé son efficacité en matière de préservation du foncier agricole, tout en répondant aux besoins de logement et de développement du territoire. La France doit agir à son tour dans ce sens.

Nous invitons donc nos concitoyennes et concitoyens à signer cet appel, et à le faire circuler aussi largement que possible, pour encourager le gouvernement à franchir ce pas décisif. Cette démarche collective est à la fois cruciale pour améliorer notre situation actuelle et pour préserver l’avenir de nos enfants.

Des éléments complémentaires (premiers signataires, crédit photo, informations plus détaillées…) sont disponibles sur le lien suivant :

http://filiere-paysanne.blogspot.fr/

1 Perte du caractère naturel ou agricole d’un espace par bétonnage, goudronnage, compactage ou transformation en pelouse à usage public ou privé.

2 Les futures CDPENAF, prévues par la loi d’avenir agricole, devraient remplacer les actuelles CDCEA (Commissions Départementales de Consommation des Espaces Agricoles).

3 Référé de la Cour des Comptes n° 66580. Lien d’accès : http://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=1&ved=0CDQQFjAA&url=http%3A%2F%2Fwww.ccomptes.fr%2Fcontent%2Fdownload%2F61655%2F1513097%2Fversion%2F1%2Ffile%2Fles_terres_agricoles_refere_66580.pdf&ei=Ikq8UuyxFO-b1AX7RA&usg=AFQjCNF1q2Ho82eJWhkUh1FzRRdRSw8ojg&sig2=TUrkb597uus_g404GzpP2g&bvm=bv.58187178,d.d2k

Pétition adressée à :
M. le Premier Ministre et M. le Ministre de l’Agriculture
M. le Ministre de l’Agriculture

Nous vous demandons de mettre en place une mesure rapide et efficace (présentée plus bas) pour stopper l’urbanisation dramatique de nos précieuses terres agricoles.

D-Bienvenue dans l’agriculture de demain, libérée des pesticides et du pétrole, et créatrice de dizaines de milliers d’emplois

par Simon Gouin 18 juin 2014

C’est une promesse pleine d’avenir : nourrir la France sans pesticides, sans engrais chimiques, et quasiment sans pétrole, tout en dégageant de substantielles marges et en créant des dizaines de milliers d’emplois. A la Ferme du Bec Hellouin, non loin de Rouen, on invente cette agriculture de demain. Expérimentant des techniques qui viennent des quatre coins de la planète, cette ferme en permaculture produirait autant voir plus que le système conventionnel. L’exploitation pose les bases d’un nouveau modèle agricole : celui d’un réseau de centaines de milliers de micro-fermes rentables et capables de générer chacune un emploi à plein temps. Reportage.

Ce jour de printemps, Charles Hervé-Gruyer est accroupi au pied d’une butte de terre et repique des navets. Autour, une mare et un cours d’eau où viennent se réfléchir les rayons du soleil, de quoi augmenter légèrement la température de la butte cultivée. Nous sommes ici sur une petite île de la ferme du Bec Hellouin, à une cinquantaine de kilomètres de Rouen, dans l’Eure. Des canards [1] barbotent et viennent, quand c’est nécessaire, happer les limaces qui menacent les cultures. Sur le côté poussent des roseaux. Une fois broyés, ils serviront de paillage aux jardins afin d’empêcher les mauvaises herbes de pousser. En jeunes pousses, ils seront vendus à un restaurant parisien !

Un peu plus loin, un jardin-forêt – entendez, des arbres et arbustes fruitiers mélangés à des plantes aromatiques et médicinales – abrite les cultures des vents dominants. « Nous avons créé des petits milieux qui interagissent entre eux, avec une circulation de la matière organique », explique Charles. « Un cocon de nature vivante, protégée. »

Sur son île, Charles Hervé-Gruyer ressemble un peu à un aventurier… de l’alimentation de demain. Après avoir parcouru le monde sur un bateau école, il a accosté ici, au Bec Hellouin, un petit coin de terre où nourrir sainement ses enfants. Dix ans plus tard, l’endroit est devenu une ferme de référence pour les adeptes de la permaculture, la culture permanente. Près de deux hectares d’herbage au sol, au départ peu fertile, où poussent désormais, en abondance, près de 1 000 variétés de végétaux, fruits, légumes, plantes aromatiques [2].

Toutes les semaines, 65 paniers de légumes issus de 2 000 m2 dédiés au maraîchage vont régaler les habitants du coin, de la région de Rouen et de Paris. Une autre partie est vendue à un grossiste, qui alimente ensuite un magasin Biocoop. Un restaurant parisien étoilé s’y approvisionne également. A la ferme, un chef cuisinier prépare confitures ou sauces qui sont ensuite vendues sur place.

« Les déchets de l’un font les ressources de l’autre »

En cette fin avril, quatre rotations de culture ont déjà été effectuées depuis le début de l’année. Sous la serre, petits pois, salades et carottes poussent à foison. Les fèves qui grandissent viennent capter l’azote pour alimenter les salades, qui s’étendent au sol et évitent ainsi l’apparition de mauvaises herbes. A la ferme du Bec Hellouin, toutes les cultures sont associées : pas de rangs séparés de carottes, pommes de terre et salades. Mais plusieurs variétés de légumes, aux besoins différents, plantés à proximité, et qui s’alimentent mutuellement. Dehors, des légumes précoces poussent sur une butte dite « chaude », agrémentée de fumier de cheval. Ce dernier se composte en direct sur la butte, et permet ainsi de gagner quelques degrés sur la fin du froid hivernal.

La Ferme est à la pointe de la permaculture. « C’est s’inspirer de la nature pour nos installations humaines », explique Charles Hervé-Gruyer. « Les déchets de l’un font les ressources de l’autre. » C’est pourquoi le positionnement des cultures et des éléments, les uns par rapport aux autres, est primordial. L’objectif de la permaculture est de recréer la grande diversité et l’interdépendance présentes naturellement dans les écosystèmes [3]. « Nous prenons un soin extrême des sols, afin qu’ils soient de plus en plus vivants, fertiles, indique Charles. Les buttes permanentes, où la terre n’est jamais retournée mais continuellement enrichie, se rapprochent de la nature, car il n’y a pas d’engins qui viennent travailler ici. »

Une agriculture sans pétrole

A la ferme du Bec Hellouin, un tracteur n’est utilisé que pour le transport du fumier, qui vient du club hippique voisin. Au départ, un cheval aidait à retourner la terre. Jusqu’à ce que se développent les buttes permanentes, qui n’ont plus besoin d’être retournées. « La permaculture prévoit ce monde inédit, sans pétrole », note Charles qui déplace dans ses jardins sa brouette atelier, avec l’ensemble des « petits » outils dont il a besoin au quotidien. Une agriculture de la connaissance, qui n’a rien à voir avec l’agriculture conventionnelle actuelle. « Avec l’agriculture moderne, vous recevez un mail de la chambre de l’agriculture qui vous dit : il y a telle invasion d’insectes, voici le produit que vous pouvez mettre. A vous de jouer ! » Rien de tel ici. Pas d’application numérique pour savoir quel pesticide épandre et quand.

L’agriculture menée au Bec Hellouin utilise très peu de pétrole. Loin derrière l’agriculture conventionnelle, et même, l’agriculture biologique. « Dans l’agriculture conventionnelle, pour produire une calorie d’alimentation, il faut 10 à 12 calories d’énergie fossiles, explique Charles. Le bio tente d’utiliser le moins possible d’engrais de synthèse mais nécessite beaucoup d’engins dans les champs. » Moins de pétrole, donc plus de travail à la main, minutieux, pour garantir sur le long terme une extraordinaire biodiversité des sols. « L’agriculture moderne cherche à atteindre une rentabilité à court-terme, en brûlant les réserves carbonifères. Nous, nous prenons notre temps. Le but de mon travail est que mes enfants puissent en profiter durablement. »

Des « néo-ruraux idéalistes » ?

A l’origine, c’est pour leurs enfants que Perrine et Charles Hervé-Gruyer décident de s’installer à la campagne. Perrine était juriste internationale, basée en Asie ; lui, écrivain et navigateur, parcourait le monde à la découverte des Indiens. Le couple s’est formé pour être psychothérapeutes avant de décider d’aller vivre à la campagne pour retrouver le lien avec la nature. « Nous étions des néo-ruraux idéalistes, raconte aujourd’hui Charles. Nous n’avions jamais visité de ferme en permaculture avant de nous installer ! » Ils en sourient encore. Au début, Perrine mettait des gants en plastique pour éviter de toucher la terre. Aujourd’hui, elle fait son pain avec les mêmes micro-organismes qu’elle donne à la terre afin de l’enrichir.

Les deux premières années sont très difficiles. Le couple dépense toutes ses économies. « Nous avons cherché des solutions, relate Charles. Nous nous sommes tournés vers le monde anglo-saxon. Ma femme s’est rendue en Californie. Puis à Cuba. » Elle en revient avec des techniques parfois inconnues en France, qui sont à présent appliquées sur leur ferme. Ces techniques permettent d’augmenter la production, jusqu’à un niveau très élevée. Et cela, malgré de petites surfaces ! De quoi donner du fil à retordre aux critiques de l’agriculture biologique.

Excellents rendements

Car la question est récurrente : peut-on vraiment nourrir le monde sans utiliser d’engrais chimiques, de pesticides ou d’herbicides ? Pour y répondre, la ferme du Bec Hellouin a noué un partenariat avec l’Inra et l’école Agro-paritech. L’idée est simple : quantifier tout ce qui entre et sort de 1 000 mètres carrés de la ferme, isolés virtuellement. Combien d’heures de travail ? Quels outils sont utilisés ? Combien coûtent-ils ? Quels engrais naturels sont apportés ? Et finalement : combien de légumes et fruits sont récoltés pour quel chiffre d’affaire généré après vente

Les premiers résultats tombent au milieu de l’année 2013. Sur 1 000 mètres carrés, il a fallu 1 400 heures de travail annuel pour générer 32 000 euros de chiffres d’affaires (calculé selon les récoltes et leurs prix moyens de vente en Haute-Normandie). Pourtant, l’année ne fut pas des plus propices. Une fois retirées les charges (semences, engrais), l’amortissement de l’outillage et des équipements (serres), « ces estimations permettent de penser que même une année médiocre, avec des personnes sans grande expérience en maraîchage, il y a moyen de dégager un revenu de l’ordre du Smic », constate le rapport de l’ingénieur agronome. Sachant que de nombreuses améliorations sont encore possibles pour augmenter les rendements. De quoi faire pâlir d’envie nombre de petits producteurs.

« Dans une ferme traditionnelle, en maraîchage, on obtiendrait ce chiffre d’affaire sur un hectare ! », indique Charles. La différence est de taille. Et sans gazole, sans engin mécanique, sans besoin d’acquérir de grandes surfaces de terres, les coûts de production sont faibles. L’étude se poursuit et est reproduite dans d’autres endroits de France avec des personnes qui s’installent pour la première année. Les rendements semblent toujours augmenter et laisser entrevoir de nouvelles perspectives.

La micro-ferme du futur : un million d’emplois possibles

Sous un abri, à côté des pelles, râteaux et grelinettes, un grand tableau. Y sont écrites les tâches à réaliser au cours de la journée et de la semaine. La Ferme emploie huit permanents. Production, recherche, formation : tout le monde est polyvalent. Une véritable ruche. La ferme accueille aussi des stagiaires et des porteurs de projet qui souhaitent se former à la permaculture. L’idée est de transmettre des techniques et des connaissances. Et d’éviter ainsi aux « étudiants » de répéter les erreurs que Charles et Perrine ont commises.

 

Un peu partout, à la campagne comme à la ville, des micro-fermes comme celle du Bec Hellouin pourraient voir le jour. « Je pense que les gens vont venir à la terre à temps partiel. On peut se lancer quasiment sans investissement, du jour au lendemain. », suggère Charles qui estime qu’un million de micro-fermes pourraient être créées, en France, dans les prochaines années. Soit un million d’emplois possibles : « 1 000 m2 cultivés en maraîchage bio permaculturel permettent de créer une activité à temps plein », estime l’ingénieur Sacha Guégan. « C’est un métier dur, rappelle Charles, mais nous vivons chaque jour dans la beauté de la nature qui nous entoure. »

Simon Gouin (texte et photos)

Un reportage radio à la ferme du Bec Hellouin, réalisé par Terre de Liens Normandie en partenariat avec Basta !, sera prochainement mis en ligne.

Pour en savoir plus :
le site Internet de la ferme du Bec Hellouin.
le rapport d’étape n°2 de l’étude menée par l’INRA et Agro-Paritech sur 1000 mètres carrés de la ferme.
le rapport d’étape n°3, qui détaille les méthodes et principes utilisés.

 

E-“Plus la ferme est petite plus elle est productive” (site de l’Ecologiste sur l’étude de l’INRA et sur l’Inde

F-Pistes pour une agriculture écologique et sociale

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Table des matières

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Collection Les Cahiers de l’émancipation.
Parution : Février 2014
Pages : 144 pages
Format : 115 x 190
ISBN : 978-2-84950-408-6
À l’heure de la mondialisation et des défis écologiques et climatiques, l’agriculture concentre bon nombre de questions. L’agriculture et la paysannerie, de par leurs rôles tout simplement essentiels pour l’alimentation humaine, mais aussi pour l’aménagement des territoires et la conservation des ressources, sont une composante active de tout projet de société. Les questions agricoles et alimentaires permettent la rencontre des mouvements écologistes, paysans et ouvriers en remet tant en cause la domination des multinationales, de la finance et de la grande distribution. Le livre traite des implications de la reconversion/transition de l’agriculture vers l’agriculture paysanne et agro-écologique, c’est-à-dire un modèle agricole d’émancipation répondant aux défis du 21 e siècle en termes sociaux et environnementaux et de la défense des petits et moyens paysans. Les auteurs s’appuient sur l’existence et le développement d’exemples concrets de voies en dehors du productivisme comme point d’appui pour impulser des changements de grande ampleur. Le bilan du modèle industriel transposé à l’agriculture est catastrophique. Sans pas séisme ni idéalisation, il faut inventer un nouveau modèle agricole qui favorise un travail avec la nature et non contre elle, comme c’est le cas dans les systèmes industriels.

Cette invention implique égale ment un nouveau rapport à la propriété de la terre, privilégiant la généralisation du droit d’usage des sols et des outils et le renforce ment de la coopération (planification de la production sur un bassin de vie, utilisation en commun de matériel, de moyens de stockage et de transformation, de service de remplacement permettant l’accès aux con gés et aux loisirs…) dans une dynamique d’expérimentation concrète tant sur le plan démocratique que de l’innovation sociale et technique. L’agriculture servira peut-être à reconstruire notre projet émancipateur et à dé coloniser l’imaginaire aussi bien du travail que de la nature

Parmi les auteurs

Clémentine Come, elle prépare à Rennes, une thèse sur les trajectoires militantes des agricultrices bretonnes. Matthieu Cassez, agronome. Marc Dufumier, agronome, enseignant à AgroParisTech. Denis Fric, membre du GIE Zone Verte. Laurent Garrouste a contribué à Pistes pour un anticapitalisme vert (Syllepse). Isabelle Goldringer, chercheure à l’INRA de Moulon (91). Laurence Lyonnais, agent de développe – ment en milieu rural. Pierre Meneton, Inserm, auteur de Le sel, un tueur caché publié (Favre). Roxanne Mitralias, sociologue rurale. Claudia Neubauer, déléguée générale de Fondation sciences citoyennes. Jocelyne Porcher (INRA Montpellier) auteure de Une vie de cochon (La Décou – verte). Josie Riffaud, responsable de Via Campesina et de la Confédération paysanne. Pierre Rousset, membre du comité de ré daction de l’ International Encyclopedia of Revolution and Protest (Wiley-Blackwell, 2009).

G- La LOI (forme discutée au Sénat avril 14)

Art. L. 253-1. – I. – Sont interdites la mise sur le marché, l’utilisation et la détention par l’utilisateur final des produits phytopharmaceutiques s’ils ne bénéficient pas d’une autorisation de mise sur le marché ou d’une autorisation de distribution pour expérimentation délivrée dans les conditions prévues au présent chapitre.

« L’utilisation des produits mentionnés au premier alinéa dans des conditions autres que celles prévues dans la décision d’autorisation est interdite.

« II. – Au sens du présent chapitre, on entend par :

« 1° Produits phytopharmaceutiques : les préparations contenant une ou plusieurs substances actives et les produits composés en tout ou partie d’organismes génétiquement modifiés présentés sous la forme dans laquelle ils sont livrés à l’utilisateur final, destinés à :

« a) Protéger les végétaux ou produits végétaux contre tous les organismes nuisibles ou à prévenir leur action ;

« b) Exercer une action sur les processus vitaux des végétaux, dans la mesure où il ne s’agit pas de substances nutritives ;

« c) Assurer la conservation des produits végétaux, à l’exception des substances et produits faisant l’objet d’une réglementation communautaire particulière relative aux agents conservateurs ;

« d) Détruire les végétaux indésirables ;

« e) Détruire des parties de végétaux, freiner ou prévenir une croissance indésirable des végétaux ;

« 2° Mise sur le marché : toute remise à titre onéreux ou gratuit autre qu’une remise pour stockage et expédition consécutive en dehors du territoire de la Communauté européenne. L’importation d’un produit phytopharmaceutique constitue une mise sur le marché.

« III. – Un produit phytopharmaceutique dont la mise sur le marché au sens du 2° du II est soumise à autorisation et ne bénéficiant pas d’une telle autorisation sur le territoire français peut y être produit, stocké et peut circuler dans la mesure où ce produit est autorisé dans un autre Etat membre de la Communauté européenne.

« IV. – Les dispositions du présent chapitre s’appliquent également aux adjuvants vendus seuls ou en mélange et destinés à améliorer les conditions d’utilisation des produits phytopharmaceutiques.

« Art. L. 253-2. – Lorsqu’un danger imprévisible menaçant les végétaux ne peut être maîtrisé par d’autres moyens, l’autorité administrative peut autoriser, pour une durée n’excédant pas cent vingt jours, la mise sur le marché d’un produit phytopharmaceutique ne satisfaisant pas aux conditions fixées à l’article L. 253-4.

« Art. L. 253-3. – Dans l’intérêt de la santé publique ou de l’environnement, l’autorité administrative peut prendre toute mesure d’interdiction, de restriction ou de prescription particulière concernant la mise sur le marché, la délivrance, l’utilisation et la détention des produits mentionnés à l’article L. 253-1.

« Art. L. 253-4. – A l’issue d’une évaluation des risques et des bénéfices que présente le produit, l’autorisation de mise sur le marché est délivrée par l’autorité administrative après avis de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments, si les substances actives contenues dans ce produit sont inscrites sur la liste communautaire des substances actives, à l’exception de celles bénéficiant d’une dérogation prévue par la réglementation communautaire, et si l’instruction de la demande d’autorisation révèle l’innocuité du produit à l’égard de la santé publique et de l’environnement, son efficacité et sa sélectivité à l’égard des végétaux et produits végétaux dans les conditions d’emploi prescrites.

« L’autorisation peut être retirée s’il apparaît, après nouvel examen, que le produit ne satisfait pas aux conditions définies au premier alinéa.

« Un décret en Conseil d’Etat fixe la durée des différentes phases d’instruction des dossiers et les délais maximums pour chacune de ces phases, les conditions de délivrance, de retrait, de suspension ou de modification, la durée et les modalités de publication des autorisations de mise sur le marché.

« Art. L. 253-5. – Toute modification dans la composition physique, chimique ou biologique d’un produit bénéficiant d’une autorisation de mise sur le marché en application des dispositions prévues à la présente section doit être portée à l’attention de l’autorité administrative compétente et peut faire l’objet d’une nouvelle demande d’autorisation de mise sur le marché.

« Art. L. 253-6. – Les emballages ou étiquettes des produits mentionnés à l’article L. 253-1 dont la vente est autorisée doivent porter d’une façon apparente, au moins en français, outre les indications prescrites en application des articles L. 253-12 et L. 253-13, les conditions d’emploi fixées dans l’autorisation de mise sur le marché.

« Ils doivent mentionner également les précautions à prendre par les utilisateurs et notamment les contre-indications apparues au cours des essais et énoncées dans l’autorisation de mise sur le marché.

« Art. L. 253-7. – Toute publicité commerciale et toute recommandation pour les produits définis à l’article L. 253-1 ne peuvent porter que sur des produits bénéficiant d’une autorisation de mise sur le marché et sur les conditions d’emploi fixées dans ces autorisations.

« Art. L. 253-8. – Le détenteur d’une autorisation de mise sur le marché est tenu de communiquer immédiatement à l’autorité administrative compétente tout fait nouveau de nature à modifier l’évaluation du risque pour la santé humaine ou animale ou pour l’environnement du produit autorisé. »

III. – Le titre V du livre II du même code est ainsi modifié :

1° Dans les articles L. 253-14, L. 253-15 et L. 254-1, la référence : « L. 253-11 » est remplacée par la référence : « L. 253-8 » ;

2° L’intitulé du chapitre IV est ainsi rédigé : « La distribution et l’application des produits phytosanitaires » ;

3° Dans l’article L. 254-2, les références : « aux 1° à 7° de l’article L. 253-1 » sont remplacées par la référence : « à l’article L. 253-1 » ;

4° Le 2° du I de l’article L. 253-17 est ainsi rédigé :

« 2° Le fait de mentionner dans toute publicité ou toute recommandation pour un produit visé à l’article L. 253-1 des conditions d’emploi ne figurant pas dans l’autorisation de mise sur le marché de ce produit ; »

5° Dans le 3° du même I, la référence : « L. 253-8 » est remplacée par la référence : « L. 253-6 » ;

6° Dans le 4° du même I, après le mot : « publicité », sont insérés les mots : « ou de recommander l’utilisation ».

IV. – Les autorisations provisoires de vente délivrées sur le fondement de l’article L. 253-7 du code rural dans sa rédaction applicable avant l’entrée en vigueur de la présente loi pour des produits phytopharmaceutiques contenant des substances actives déjà sur le marché avant le 25 juillet 1993 restent en vigueur, sauf décision contraire de l’autorité administrative, jusqu’à l’examen communautaire en application du 2 de l’article 8 de la directive 91/414/CEE du Conseil, du 15 juillet 1991, concernant la mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques, de la substance active qu’ils contiennent, et au plus tard jusqu’au 1er janvier 2011.

V. – Sous réserve des décisions juridictionnelles passées en force de chose jugée, les produits phytopharmaceutiques contenant des substances actives déjà sur le marché avant le 25 juillet 1993, pour lesquels une autorisation provisoire de vente a été délivrée sur le fondement de l’article L. 253-7 du code rural dans sa rédaction applicable avant l’entrée en vigueur de la présente loi et pour lesquels l’instance scientifique qui a procédé à leur évaluation considère que les exigences mentionnées au 3 de l’article 8 de la directive 91/414/CEE du Conseil, du 15 juillet 1991, précitée, sont satisfaites, sont réputés bénéficier d’une autorisation de mise sur le marché depuis l’arrivée à échéance de leur autorisation provisoire de vente. Sauf décision contraire de l’autorité administrative, cette autorisation est valable jusqu’à l’examen communautaire, en application du 2 de l’article 8 de la directive 91/414/CEE du Conseil, du 15 juillet 1991, précitée, de la substance active qu’ils contiennent, et au plus tard jusqu’au 1er janvier 2011.

VI. – Les dispositions des I à III entrent en vigueur à compter du premier jour du sixième mois suivant la publication de la présente loi”…..

 

H-Recette du Purin d’ortie

Au printemps, dès que les orties poussent et avant qu’elles  ne fleurissent. Récoltez

Pour l’élaboration.

1 kilo de feuilles fraîches à mettre à  macérer dans 10 litres d’eau de pluie pendant 8 jours environ selon t° extérieure. La  fermentation est alors terminée. Filtrez avec un tissu, mettez en  bouteille et stockez au frais.

Utiliser au fur et à mesure  des besoins.

Ce purin très concentré ne doit jamais être utilisé  pur mais en dilution :

– A 5% en pulvérisation sur toutes vos plantes, tous les 10 à 15 jours, durant toute la croissance. Utilisé de cette façon, il fortifie, vivifie et protège les plantes des pucerons et des maladies.

– A 20 % en arrosage une fois tous les 10 à 15 jours. C’est un excellent engrais et régénérateur du sol, en alternance avec le purin de Consoude et celui minéralisant de Prêle.

Qu’il soit pulvérisé ou utilisé en arrosage, le purin d’ortie ou de consoude ou de prêle est un produit indispensable au jardin. Il donne de la saveur aux légumes et de l’éclat aux fleurs, lorsqu’il est utilisé régulièrement et bien dosé. C’est un produit naturel, efficace et économique

C’est aussi le désespoir des marchands d’engrais et de pesticide pour notre plus grand bonheur et celui de la Terre.

 

– Pour plus d’informations : *Un ouvrage essentiel pour l’agro-écologie aux Editions de Terran

Purin d’Ortie et Compagnie “Soigner les plantes par les plantes”: Ecrit par Bernard Bertrand, Jean-Paul Collaert et Eric Petiot. Editions de Terran 31160. Sengouagnet. Tél : 05 61 88 81 08. www.cuisine-sauvage.com

* site de kokopelli

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