Hollande, Valls et l’Economie : 1, 2, 3 et 4

Hollande, Valls et l’Economie (I)
Le 27 août 2014, Les Echos rapporte « 26.100 chômeurs de plus en juillet », faisant état d’un nouveau record en matière de chômage dans le pays. En même temps, Le Parisien écrit « Affaire Tapie : Lagarde, mise en examen, exclut de démissionner du FMI ». Qu’est devenue la crédibilité du monde politique qui nous gouverne depuis des décennies ? S’agissant de la nomination d’Emmanuel Macron en tant que Ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Numérique, Le Point souligne « Emmanuel Macron à l’Économie, l’ascension éclair d’un ancien banquier » et Mediapart diffuse l’article « Emmanuel Macron: la gauche classique est une “étoile morte” » avec d’emblée cette déclaration de Macron : « L’idéologie de gauche classique ne permet pas de penser le réel tel qu’il est ». Avec le titre « French politics – No more cuban-style policies? », The Economist salue tout particulièrement la nomination d’Emmanuel Macron, alors que The Wall Street Journal en fait l’éloge avec le sous-titre « François Hollande Appoints Core Allies to Push Through Pro-Business Platform ». Mais les options incarnées par Emmanuel Macron sont-elles conformes aux engagements pris par François Hollande pendant sa campagne électorale ? Dans son discours du Bourget de janvier 2012, reproduit intégralement par Le Nouvel Observateur, Hollande déclarait notamment « je vais vous dire qui est mon adversaire, mon véritable adversaire. (…) il ne sera donc pas élu, et pourtant il gouverne. Cet adversaire, c’est le monde de la finance ». La réalité post-électorale s’est avérée bien différente. Le Monde analyse « Une équipe cohérente à l’assise politique étroite », mais de son côté l’article du Financial Times « Emmanuel Macron symbolises Hollande’s bet on economic reforms » met l’accent sur les rapports de Macron avec les milieux d’affaires et sur la réaction très favorable des marchés financiers après sa désignation. Une situation qu’il conviendra d’analyser plus en détail mais qui, de toute évidence, comporte un véritable défi à l’égard de la capacité de mobilisation du mouvement populaire devant la politique qui s’annonce. Clairement, François Hollande et Manuel Valls envisagent un avenir basé sur la poursuite de la mondialisation du capitalisme et sur des accords en cours de  négociation dépassant ceux de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), comme déjà souligné dans nos articles récents « Hollande, Valls, “austérité”, “réformes”… » (III) et (IV), « OMC, ACS – TISA, commerce mondial… (I) » et « Assemblée Nationale, Traité transatlantique, OMC (II) ».

Une profonde casse sociale, services publics compris, attend dans ce contexte les populations de pays comme la France.

[la suite, sur le lien http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2014/08/27/hollande-valls-et-l-economie-i-50142.html ]

http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2014/08/28/hollande-valls-et-l-economie-ii-50143.html

Hollande, Valls et l’Economie (II)
Le 28 août 2014, Europe1 rapporte « Macron prêt à autoriser “les entreprises à déroger” aux 35 heures », se référant à des déclarations diffusées par Le Point avec le titre « EXCLUSIF. Emmanuel Macron : sa première interview ! ». Macron envisage d’autoriser « toutes les entreprises » à « déroger aux règles de temps de travail et de rémunération ». Le Monde souligne cette déclaration dans l’article « Macron prêt à autoriser “toutes les entreprises” à déroger aux 35 heures ». Mais est-si sensationnel ? Combien de fois avons-nous dénoncé sur ce blog la mise en concurrence progressive de salaires et standards sociaux à l’échelle planétaire dans un contexte de « liberté du commerce » et de libre circulation des capitaux imposé par la mondialisation du capitalisme et par la politique de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) ? Sans oublier la stratégie analogue appliquée par l’Union Européenne. Nos articles « Hollande, Valls, “austérité”, “réformes”… » (III) et (IV) et « Hollande, Valls et l’Economie (I) » ont encore rappelé le rôle joué par cette évolution aux échelles européenne et planétaire dans la politique des différents gouvernements français, qui depuis les années 1980 ont sans exception cautionné les stratégies capitalistes continentale et mondiale conduisant à la débâcle actuelle. Et les organisations syndicales n’ont-elles pas, pour l’essentiel, pratiqué une politique de l’autruche ? A présent, l’OMC elle-même se retrouve dépassée et une politique encore plus dure se prépare avec le Traité Transatlantique, l’Accord sur le Commerce des Services (ACS – TISA)… comme souligné encore dans nos articles « OMC, ACS – TISA, commerce mondial… (I) » et « Assemblée Nationale, Traité transatlantique, OMC (II) ». François Hollande et Manuel Valls font-ils autre chose qu’appliquer et poursuivre une stratégie déjà mise en place par les précédents gouvernements depuis l’adoption de l’Acte Unique Européen en 1986 et le début, la même année, des négociations en vue de la création de l’OMC ? MercoPress écrit « Socialist Hollande converts into orthodoxy: names former Rothschild banker in Economy », et MENAFN « ‘France needs you’ PM professes love for business » à propos de l’allocution de Manuel Valls à l’université d’été du MEDEF. Certes, on a affaire à des politiques gouvernementales de plus en plus défavorables pour les travailleurs. Mais la programmation de cette évolution est fort ancienne. Elle a impliqué « droites » et « gauches » depuis trois décennies, y compris par la politique de privatisations et de soutien aux délocalisations.

[la suite, sur le lien http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2014/08/28/hollande-valls-et-l-economie-ii-50143.html ]

et pour rappel :

Hollande, Valls, “austérité”, “réformes”… (I)

Hollande, Valls, “austérité”, “réformes”… (II)

Hollande, Valls, “austérité”, “réformes”… (III)

Hollande, Valls, “austérité”, “réformes”… (IV)

OMC, ACS – TISA, commerce mondial… (I)

Assemblée Nationale, Traité transatlantique, OMC… (I)

Assemblée Nationale, Traité transatlantique, OMC… (II)
Le Collectif Indépendance des Chercheurs
http://science21.blogs.courrierinternational.com/
http://www.mediapart.fr/club/blog/Scientia

 

26/08/2014

Hollande, Valls, “austérité”, “réformes”… (III)

Le 26 août 2014, Europe1 écrit « Le gouvernement Valls 2 annoncé mardi », avec des sous-titres tels que « Arnaud Montebourg “reprend sa liberté” », « Benoît Hamon se retire », « Filippetti “pas candidate à un nouveau poste ministériel” »… et la suite au prochain numéro. Le Monde analyse « Comment la décision de la démission du gouvernement a été prise », faisant état du laconique communiqué de l’Elysée, alors que Le Point interroge « Y a-t-il un parapluie pour sauver la République ? ». Le Parisien emploie le titre « Pour Bayrou, la France n’est “pas loin de la crise de régime” ». François Bayrou s’est empressé de déclarer qu’il n’a pas été contacté en vue d’une éventuelle entrée au gouvernement (pour cette fois-ci ?), alors que Paris Match rapporte « Exclu Match: Borloo approché ». Mais laissant de côté l’agitation politicienne, a-t-on affaire à autre chose qu’à ce qui était programmé depuis la signature de l’Acte Unique Européen en 1986 et l’ouverture, la même année, des négociations en vue de la création de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) ? La mise en concurrence planifiée de la « main d’oeuvre » aux échelles européenne et planétaire pouvait-elle aboutir à autre chose qu’à l’exportation massive de capitaux et à la dégringolade actuelle des acquis sociaux dans des pays comme la France ? Un sujet qui, apparemment, reste tabou dans les analyses de circonstance que l’on voit passer. Tel est pourtant le sens des prétendues « reformes » et de « l’austérité » croissante qui s’instaure pour la majorité de la population. François Hollande et Manuel Valls ne font qu’appliquer une stratégie vieille de trois décennies et faisant l’objet d’un consensus au sein de la « classe politique » qui a gouverné le pays depuis les années 1980.

 

Pourtant, la situation à l’OMC reste complexe. Au point que l’accord de Bali de décembre dernier n’a pu être adopté, l’Inde ayant finalement refusé de l’entériner. Le compromis sur la « facilitation du commerce » (l’AFC) étant contesté pour des raisons liées à la sécurité alimentaire, aux limitations que l’OMC voudrait imposer à la constitution des stocks dans ce domaine et à des mesures que l’OMC considère comme des subventions à l’agriculture.

Plus globalement, les pays émergents semblent contester de manière de plus en plus ouverte les pressions subies de la part des milieux financiers pour les amener à signer l’accord de Bali au profit des grandes multinationales.

Pourquoi, dans ce cas, une telle passivité récurrente des milieux politiques et syndicaux en France et dans d’autres pays du monde « occidental » ?

Quel secteur du monde politique français est vraiment indépendant des milieux d’affaires ?

 

Dans notre article du 17 avril Hollande, Valls, “austérité”, “réformes”… (II), nous écrivions :

(…)

Pourquoi les organisations syndicales en restent-elles à la dénonciation d’un « plan d’austérité » ou de la mise en cause récente du SMIC par Pascal Lamy déjà évoquée dans notre article « OMC : le vingtième anniversaire (I) »  ?

Pour quelle raison s’abstiennent-elles de dénoncer le processus permanent de nivellement par le bas aux échelles mondiale et continentale, ainsi que les origines et la nature de ce processus ?

Car c’est une triste réalité : aucune mention du rôle de l’OMC et de l’Union Européenne dans les déclarations syndicales. Pas plus que de la stratégie de nivellement par le bas aux échelles européenne et planétaire imposée par les milieux financiers.

C’est précisément avec de tels silences, que l’on est arrivés à la situation actuelle. La désinformation et l’absence de réaction populaire face aux véritables dangers ayant joué depuis trois décennies un rôle particulièrement démobilisateur.

Ne nous y trompons pas. Les mobilisations locales lorsque telle usine va fermer et le capital est déjà parti à l’étranger sont trop tardives pour produire de véritables effets et ne permettent pas d’arrêter le processus global de destruction de l’économie. C’est contre ce processus, que des actions sont nécessaires.

Qui contrôle concrètement les mouvements de capitaux vers d’autres pays ? Tout est là, mais on laisse faire depuis les années 1980 sans aucune réelle réaction de la majorité de la population. Malheureusement, la monde politique a accepté, et accepte toujours docilement, la « libre circulation » des capitaux. Mais pourquoi les citoyens ne s’y opposent-ils pas ?

L’absence récurrente, pendant trois décennies, d’une large campagne d’information citoyenne sur ces questions essentielles se solde par des résultats néfastes. Et le pire est encore à venir.

 

> Hollande, Valls et l’Economie (IV)
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> Le 3 septembre 2014, un communiqué sur le site de l’Elysée expose « Le Conseil des ministres a autorisé le Premier ministre à engager, conformément au premier alinéa de l’article 49 de la Constitution, la responsabilité du Gouvernement sur une déclaration de politique générale qui sera présentée le 16 septembre devant le Parlement ». Dans son article « Le discours de politique générale de Valls aura lieu le 16 septembre », Les Echos rapporte « Pour Claude Bartolone, il n’y a pas de “ risque pour le gouvernement d’être renversé” ». De son côté, avec le titre parlant « Vote de confiance le 16 septembre à l’Assemblée, Valls fait vite », Le Point considère aussi que « comme seuls sont pris en compte les suffrages exprimés, et non les abstentions », Manuel Valls devrait réussir un tel pari. L’article du Huffington Post « Vote de confiance : Manuel Valls jouera très gros le 16 septembre » se termine par cette considération : « Un échec à l’Assemblée ouvrirait en effet la boîte de Pandore d’une dissolution à très haut risque pour le PS et ses alliés ». Bloomberg analyse « Hollande to Confront Rebels With Vote as He Clings to Austerity », avec le sous-titre fort critique « Political Chaos » à l’adresse de l’ensemble du monde politique français. EurActiv écrit « Valls reaffirms his support for French-German partnership » et rappelle que Manuel Valls « insisted on the importance of reducing public deficits at the employers Summer University ». International Business Times commente « France: Socialist President Hollande ‘Hates the Poor’ Says Ex Valérie Trierweiler ». Concrètement, s’agissant du Conseil des Ministres du 3 septembre, force est de constater la mise en place de nouvelles pressions sur la recherche scientifique française visant à la contraindre de plus en plus fortement à travailler pour le secteur privé. Jusqu’à affirmer que « la France ne souffre pas d’une insuffisance de recherche et développement, mais d’une insuffisance de transfert et d’innovation », reprenant les conclusions d’un rapport d’avril 2013 complété en octobre par une Commission présidée par Anne Lauvergeon. Ce qui confirme les craintes exprimées lundi dernier dans Le Monde par un article d’Alain Trautmann et Sophie Duchesne intitulé « Non à l’instrumentalisation de la connaissance ». Mais c’est bien avant, depuis les années 1980, qu’il aurait fallu agir fermement et dans la clarté contre la montée progressive de hiérarchies et de coupoles administratives et « gestionnaires », et contre la mise en place déjà perceptible il y a trois décennies d’un véritable processus de privatisation de fait de la recherche. A présent, c’est devenu beaucoup pire.
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> [la suite, sur le lien http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2014/09/03/hollande-valls-et-l-economie-iv-50169.html ]
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> et pour rappel :
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> Hollande, Valls et l’Economie (I)
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> Hollande, Valls et l’Economie (II)
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> Hollande, Valls, “austérité”, “réformes”… (I)
>
> Hollande, Valls, “austérité”, “réformes”… (II)
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> Hollande, Valls, “austérité”, “réformes”… (III)
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> Hollande, Valls, “austérité”, “réformes”… (IV)
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> OMC, ACS – TISA, commerce mondial… (I)
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> Assemblée Nationale, Traité transatlantique, OMC… (I)
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> Assemblée Nationale, Traité transatlantique, OMC… (II)
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> Le Collectif Indépendance des Chercheurs
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