La maison brûle ? L’argent attise l’incendie !

Réchauffement du climat.   En cause :  les activités humaines.   Comment les rendre compatibles avec  l’environnement ?

Un nouveau « sommet » réunira l’ensemble des nations sur le sujet.  Or ce qui définit aujourd’hui une nation n’est plus un espace,  une langue,  une culture,  une histoire,  mais un budget.   Les tractations qui préludent à ce qui sera « fait »,  assorti d’un prudent étalement dans le temps,  se soucient déjà et avant tout des incidences que le souci de la planète aura sur des budgets.

« La situation exige des mesures à la hauteur des enjeux ! »  Sans doute.   Mais qu’est-ce qui est réellement en jeu ?  La survie de l’espèce humaine ou celle d’une espèce économique ?  L’espèce humaine ne serait pas menacée par les effets de sa propre activité s’il n’y avait,  pour les budgets de toutes les entreprises et gouvernements,   obligation absolue que les profits monétaires aillent croissant.

 

La réduction de l’empreinte écologique est-elle possible dans une économie qui,  par construction,  exige la croissance des profits monétaires  ?   Les partisans de la décroissance y croient encore.   Ils proposent de mettre sur le marché des produits et services dont la composition et la fabrication seront au-dessus de tout soupçon,  économes en énergie et matière d’œuvre,  créateurs d’autant de profits et d’emplois,  sinon davantage !   Mais il faudra que ces produits soient très vite assez rentables pour tuer ceux qui sont aujourd’hui proposés.   Course de vitesse.  Gros retards à compenser.   S’ils ne sont pas encore tout à fait propres ?  On le leur pardonnera.   Et quand ils auront enfin conquis le marché ?  Ils se feront la guerre entre eux.

A supposer que les usagers de la planète aient moins chaud physiquement,   ils transpireront tout autant pour trouver le salaire qui nourrit.   Sois flexible et tais-toi.  La mer aura monté de quelques centimètres de moins,  mais la tension sociale ?

Or il y a le feu,  là aussi !  La planète qui brûle nous en distrait.  C’est ce que disent les pompiers qui volent au secours des cités,  des prisonniers,  des SDF,  aux pompiers qui volent au secours des jardins,  poumons et baleines.

La planète peut attendre ?  Non.   Mais la misère non plus,  où couvent des cyclones qui peuvent eux aussi tout emporter.

Pompiers unissez-vous !

 

La première mesure à prendre pour parer à l’incendie social et planétaire est d’éloigner à tout jamais ce qui l’entretient :   l’usage de l’argent.  C’est de fonder l’économie directement sur les ressources matérielles, naturelles et humaines,   et non sur les profits qu’il faut d’abord penser en faire,  et suffisamment élevés,   pour les redistribuer sous forme de dividendes,  de taxes et d’impôts, d’investissements rentables et de salaires.

Qu’avons-nous besoin de savoir ?  S’il y a assez d’argent pour lancer une entreprise,  une recherche,  ou s’il y a assez de matière d’œuvre,   d’énergie,  de volonté ?  Combien ça va rapporter,  ou à quelle cadence les ressources peuvent se renouveler ?

Nous disposons déjà de l’outil qui permet de gérer les richesses naturelles et les fruits du travail du plus proche au plus lointain,  d’optimiser la création de produits et services conçus dès le départ pour qu’ils soient utiles,  sains,  durables et beaux.  L’informatisation des données,  ça existe !  Rien n’oblige d’en faire de la domination mondiale et de la surveillance commerciale ou policière.    Sauf  l’argent.

Ce qu’aujourd’hui vous devez acheter pour en faire ce que vous en faites,  il faut bien que ce soit là avant de l’acheter ?  Qu’est-ce qui manque ?  L’argent pour l’acheter.  Est-ce que les richesses dont nous disposons  vont disparaître des stocks parce qu’il n’y a plus d’argent ?  C’est bien plutôt parce qu’il faut en faire de l’argent qu’après avoir produit en masse on jette pour soutenir les cours. C’est parce que les ressources humaines coûtent trop cher qu’elles restent sur le carreau!

Dans une économie sans argent,   plus besoin de cacher ce dont on dispose ou de menacer que ça manque :  plus besoin de spéculer.  L’outil informatique permet de savoir en toute transparence et en temps réel ce qui est disponible.  Les banques de données calculent les seuils au-delà desquels la renouvelabilité ne serait plus assurée.  La création assistée par ordinateur  en tient compte,  et quand vous avez un projet,  elle fait des propositions pour qu’il minimise l’empreinte écologique.

Renseignez-vous :  la chose est déjà faisable et les esprits sont prêts.  Chefs d’entreprises en tête.  Ecoutez-les  :  faire de l’argent est-ce bien là leur métier ?    Ils en sont les premiers prolétaires,  avec la haine en prime.  Observez le foisonnement d’« alternatifs » qui se font concurrence dans la générosité.  Ouvertement braqués contre « le système » ils luttent pour contrer ses menaces et dégâts mais s’y adossent,  parce que,  de l’argent,  il en faut !   Notre économie de misère tire parti de leur exception pour  confirmer la règle !   Ils enragent !  Mais que faire ?  Il n’y a plus d’horizon !

 

Bien sûr que si,  mais le mur des sous nous le bouche.  Imaginez-le franchi ?  Vous avez amélioré l’exploit de Mai 68 qui découvrit « sous les pavés la plage »,  et,  sous les prix alignés en débit-crédit,   retrouvé,  réinventé les ressources humaines et matérielles interdites d’usage,  oubliées,  massacrées,  condamnées pour leur faible rentabilité.  Ceux dont vous désespériez apportent leur concours : l’abolition du salariat décloisonne les talents.  Les entreprises ne se jugent plus à l’argent qu’elles rapportent mais à la prospérité concrète et la paix qu’elles génèrent,  au plaisir d’en faire l’expérience.  L’émulation remplace la concurrence…

Poursuivez,  n’ayez pas honte !

Le rêve,  devenu criminel,  c’est d’avoir encore foi en l’usage de l’argent pour résoudre les problèmes qu’il engendre.

 

J.Patrick Abelsohn et Marc Sanders

Désobéir à l’Argent,  Le Passager Clandestin 2012

 

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