AVIGNON festival 2016 Nos spectacles coups de coeur

AVIGNON FESTIVAL 2016

Nos COUPS de COEUR de cette mi-juillet 2016 en passant  par là…peu de jours

Le festival d’Avignon est devenu un grand marché où “Ma copine ne suce pas que des glaces” s’est taillé un grand succès vu que le théâtre populaire (et/ou action et/ou engagé) et son public ne sont plus là, ou noyés dans la gentrification des lieux et de l’offre, non plus que les débats passionnés au Verger d’Urbain et ailleurs, ni ne semble plus trop présent le public fervent de lycéens et d’étudiants de nos jeunes années début 60, subventionné, hébergé en internat de lycées, etc

Il y a encore de belles oeuvres dans de petites salles et on a eu à peine le temps d’en voir quelques unes juste pour que vous les fassiez venir chez vous en 2016-17

Hélas rentabilisation des lieux oblige, il faut désormais dégager au plus vite.

Plus de place aux rencontres tranquilles, aux discussions d’après spectacle, aux récitals poésie, aux meetings au Verger d’Urbin, aux animations de rue par des groupes militants (cf le GFEN propulsant son scénario L’échec scolaire” ou “le Moineau” ses chansons françaises)  et aux restaurations collectives voire au mini steak petit pois à 5 F (2/3 d’Euro)

 

Tout ça est loin derrière nous.

Accélération du temps ici comme ailleurs la modernité consumériste a pris la place

La flânerie se fait plutôt  glaces en main vu les ventes massives aux 4 coins de la ville à 2,5 ou 3 euros la boule industrielle ou de fabrication artisanale (d’ailleurs la moins chère). …

Reste le cinéma UTOPIA

au bout du Verger un Havre où il fait bon siroter une eau citronnée ou une bière avant/après le film. Et toujours une programmation à la hauteur. (Voir plus bas…) Il reste des lieux où ça respire encore comme la Bourse du travail l’espace V Hugo et d’autres sans doute hors les murs…

Et le soir pour y dormir fidèle à lui même tel que le temps ne le change pas, le parc des libertés …(Voir à côté)

NOTRE SÉLECTION EXPRESSE À VOIR TOUTES AFFAIRES CESSANTES

A- 

“Je ne vois que la rage de ceux qui n’ont plus rien”

Un triptyque qui honore le théâtre social  citoyen et écolo décroissant (anti système capitaliste, ouf, enfin en Avignon !)

1-“Mains d’oeuvres”

une ex mécanicienne en confection avant les délocalisations massives de la fin des années 90

2-“Porajeo, les invincibles”

Témoignages des ouvrières rescapées du Rana Plazza au Blangladesh : l’usine travaillant pour des marques occidentales, 8 étages, s’effondre :  1138 victimes, plus de 2000 blessées graves, immense majorité de femmes…on a retrouvé les étiquettes de donneurs d’ordre français Auchan…) et témoignages de chômeuses françaises victimes des fermetures des usines textiles,  fin des années 90)

On a  vu le 3ème :

3-“Des robes sous mes pieds”

Texte C Martin Mise en scène B Lajara, Dépliant extra. Voir “VIESAVIES2013.wordpress.com pour le faire tourner.

Jeu de plus en plus dramatique et percutant des acteurs/trices. Répercussion de l’effondrement de l’usine du Rana Plazza sur la famille Mulliez (propriétaire d’Auchan) et dans le milieu des vendeuses d’Auchan. Superbe. Comme quoi théâtre “engagé”, “citoyen”, “populaire” ne rime pas avec ennui ni désolation. On en sort plein d’envies de changer le monde en même temps que de savoirs nouveaux. Retentissements profonds. Questionnements : comment quitter la dictature du PROPRIETARIAT et de l’argent qui cause, avec le silence des pantoufles, les effondrements sociaux et écologiques. L’art engagé change le spectateur aurait dit Brecht. Dès la sortie, on distribue aux passants  le flyer d'”invit” à y aller au plus vite…Gageons qu’on a contribué au remplissage…

B

“Que la CROISSANCE REVIENNE”

Avec le Pap’40  de ” l’Eglise de la Très Sainte Consommation” Alessandro Di Giuseppe

Anti spectacle ébourriffant, participatif,  et sardoniquement jubilatif  : (tous les jours 15h15) : COMPAGNIE “TRIPLE AA” 04 90 86 72 51 (A noter ses fameuses prières qu’on se met à réciter : NOTRE PEZE ….etc) et en Pape.

Réservation au 0490867251

(c’est plein, alors que le Festival était moitié vide cette année contre coup du massacre de Nice)

C

“Sommes nous en Démocratie” 

Taper Cie Remue Méninges (Chambéry) Extra.

D

“L’enseignement de l’ignorance”

Un théâtre sobre où l’on y entend et comprend  des textes du philosophe anti capitaliste Jean Claude MICHEA

Faut le faire. Pas une mouche ne vole ici…Une magistrale leçon sur les fondamentaux du système. Manque juste une illustration et un débat derrière. On aurait ainsi pu participer à confronter Michéa aux analyses de Bourdieu et Accardo et à des faits vécus (cf “l’enseignement de l’imbécillité aux USA”, 2005, sur l’ancien site de la Cen) voire aussi si le cours magistral n’est pas supplantable par un apprentissage par recherche action sur un développement local endogène, résilient, démocratique …(voir notre onglet “Formations” ou nos soirées passées “Quels enfants laisserons nous à la planète ?” sur ce site)

..Hélas il n’y a plus guère de débats en Avignon..

E

“Une vitalité désespérée” sur PASOLINI

Pièce époustouflante, mêlant vidéos (dont celles de Pasolini sur Marilyn, des extraits de son film “Mama Roma”), danses, textes dits/joués et bruitages,  avec des acteurs aussi vifs que les textes de Pasolini sur la disparition des lucioles, ou l’enlaidissement matériel et moral de nos cités, de nos vies et du monde par le capitalisme global dont il était le critique visionnaire

En tapant le titre on peut retrouver l’essentiel (excuses on est en vacances sans ordinateur)

F
Ah le havre du cinéma UTOPIA où l’on peut voir et revoir des films marquants

Deux films deux autres coups de cœur. Très chauds.

« Sur quel pied danser ? » 2016

FILM dans la même veine que celui présenté avant sa sortie sur ce site « MERCI PATRON », sur la liquidation des usines de chaussures à Romans (Drôme) Dieu que la lutte sociale y est « fraiche et joyeuse…En partie en Comédie musicale. Tout y est du psychologique à l’économique du propriétaire principal actionnaire milliardaire délocalisateur cynique aux ouvriers prêts à évacuer les godasses pour la prime contre les ouvrières occupant l’usine et y dansant comme dans une comédie musicale. Radiographie du système pour le côté ” éduc pop nouvelle “; Activation jubilatoire des neurones dans la RECONQUETE  de la lucidité.

Superbement joué par les ouvrières.  Emotion. Je me (nous) revois début des années 60 tractant chez Lou à Grenoble.

On était….5 spectateurs..

Beaucoup moins que pour “Ma copine ne suce pas que des glaces” grand succès des dernières années d’un festival de + en + marchand dans une cité de + en + gentrifiée quoique…dans une France ravagée par la croissance et le progrès

« La VIE est à NOUS »

ou le Front populaire vu par Renoir sur commande du PC

(Nous étions 5 dans la salle !!!!!)

Ils n’avaient pas froid aux yeux à l’époque. Ils osaient défier le Capital directement, les 200 familles. Des images dynamisantes et fort instructives pour la jeune génération qui ne le voit nulle part.

En finaL, alors qu’en France tous chantent “Ma blonde, allons au devant de la vie”, un hommage appuyé au père des peuples, Staline, qui était déjà à l’oeuvre pour enterrer la révolution sous un capitalisme d’état, ce boucher des peuples et de l’espérance (oui il a mené la guerre patriotique mais refusé d’entendre Sorge quant à l’opération Barbarossa faisant des millions de victimes supplémentaires)

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Oui le théâtre et le cinéma populaires engagés citoyens…etc peuvent le FAIRE !!!!!

Foin des conférences magistrales au fond d’une salle obscure de centre ville entre nostalgiques et vieux retraités de la petite classe moyenne. Faudrait que TOUT ÇA se joue au pieds des HLM et des jardins collectifs !!!!

E

Et un objet rare sur une seule journée “Form’action”

“Outils pour la démocratie locale” de Tristan Réchid  (Saillans) par ailleurs un des animateurs de Belle démocratie un Collectif de collectifs (dont la Cen) visant à proposer des assemblées locales pour “instituer le pouvoir citoyen”

F

Autre, inédit

Sur le mur du passage entre le jardin d’Urbin 5 et UTOPIA un inconnu a écrit “Où è le THEATRE pour le PEUPLE ” ? La Mairie l’a fait effacer dès le lendemain.Une question vous manque et tout est dépeuplé….

Il est là aussi en cherchant bien le théâtre pour le peuple !!! Mais le peuple n’y est pas….Trop cher une place à 15 E ? Pas cher vu le boulot la création les machineries les locations les repas l’hébergement.

Mais l’état s’est déplumé en préférant servir les maîtres du monde, dont alléger de 41 milliards les impôts des grandes sociétés que soutenir le théâtre populaire, les Comités d’entreprise, les assos de quartiers, les hébergements en foyers, auberges, hôtels et campings  municipaux

Reste aussi à promouvoir le théâtre par le peuple alias la création du moins la production artistique par les gens ordinaires bref la démocratie culturelle.

G
Coups de chapeau

au Festival d’UZESTE musical (Gironde) de Bernard LUBAT où près de la moitié des habitants produisent et se produisent en y travaillant l’année de préférence avec des artistes accompagnateurs en résidence afin que s’affinent les productions, se métaphorise les expressions et se construisent les savoirs…

à OPHELIE THEATRE de GRENOBLE : Un théâtre action où les pièces sont écrites montées et jouées essentiellement par des Rmistes et sans misérabilisme ni évangiles de la compassion par son directeur Laurent PONCELET (Longue vie à lui sorti premier de Polytechnique pour ne rien gagner en montant des pièces avec des “Petits pois”)

ADRESSE aux ELUS

Mettez le pognon commun à inviter de telles TROUPES

Z’élés Z’élus stop à vos Spectacles industriels d’été  à endormir le peuple et à vous promotionner pour les prochaines (cf Montélimar où et quand la comcom s’institue programmatrice culturelle à grands frais : désespérant)
Merci à vous d’essayer de mettre le pognon commun à inviter de telles TROUPES. C’est notre argent. L’argent du peuple. Et laissez le débat se faire. Et passez ensuite une vidéo grand écran de Johnny pour vous faire pardonner !

Mieux mettez l’argent à des festivals pour d’AUTRES MONDES participatifs co construits avec les habitants, les associations, les collectifs faisant produire le plus possible de l’artistique et des savoirs et consommer le moins possible, faisant circuler la beauté et la réflexion pour un monde capable d’affronter ce qui nous arrive à tous

Car “l’on ne change pas un monde que l’on n’a pas rêvé” (Gaston Bachelard)

André Duny

 

 

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