Feldheim, le village bioénergétique

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« L’usine de méthanisation de Feldheim, fonctionne depuis six ans, entourée d’éoliennes. »

L’ENERGIE renouvelable SOCIALISEE comme bien commun, c’est la clé du développement humain des territoires reconquérant leur autonomie à l’égard des multinationales, du grand commerce, des politicards et bétonneurs où les habitants s’enrichissent en COMMUN via ce « commun » stratégique : l’auto production en régie publique municipale d’électricité verte, de bio gaz, de chaleur…publique avec puissante réduction d’émissions de C02 à la clé.

Après Gussing (Autriche) et Montdidier (France), voici à l’est de l’Allemagne , Feldheim exemple parlant d’un village bioénergétique en régie publique qui connaît le plein emploi et pas du seul emploi salarial capitalistique où l’on perd sa vie à la gagner !!!

C’est modestement ce que nous proposions dès 2007/8 pour les municipales de Valence …Idem pour aller vers ce bien commun essentiel : la reconquête de l’autonomie alimentaire territoriale avec la maîtrise publique du foncier périphérique comme à MouanSartou (propriété publique de la terre périphérique, louée ou affermé pour la production maraîchère) dans de nouveaux rapports Ville Campagne dont l’alimentation des cantines en circuit court bio local et en régie publique

Voir nos proposition pour un autre modèle de développement des CHAMBARAN (sur le site de la Cen et N-letter semaine passée)

Que de temps perdu par la connivence de nos élites nationales / locales avec les multinationales de l’agroalimentaire, des énergies fossiles et fissiles, quand s’accélèrent la montée en température du globe, l’effondrement du climat et de la biodiversité …

Les habitants de Feldheim, en ex-RDA, produisent plus de courant qu’ils n’en consomment et disposent de leur propre réseau énergétique. Grâce au bas prix de l’électricité, le village connaît le plein-emploi et l’érosion démographique a pris fin… »

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Les habitants de Feldheim, en ex-RDA, produisent plus de courant qu’ils n’en consomment et disposent de leur propre réseau énergétique. Grâce au bas prix
de l’électricité, le village connaît le plein-emploi et l’érosion démographique a pris fin  > ·  La carte du nord-est de l’Allemagne et situation de Feldheim

Une rue goudronnée bordée de bandes de pelouse, un arrêt de bus en son centre, deux rangées de maisons basses à toit pentu diversement rénovées, ni commerce ni café. A priori rien ne distingue Feldheim des autres villages du Brandebourg, la région déshéritée qui entoure Berlin. Feldheim, 130 âmes, est située à quelque 83 km au sud-ouest de la capitale allemande. On y parvient en traversant des kilomètres de forêts, de champs légèrement vallonnés et Treuhenbrietzen, le chef-lieu de l’arrondissement et seule ville aux alentours.
Feldheim attire pourtant quelque 3000 visiteurs par an, venus jusque du Japon ou de la Corée du Nord: la particularité de ce minuscule village d’ex-RDA est d’être le seul d’Allemagne à avoir créé son propre réseau électrique. Autosuffisant en énergie, Feldheim a même obtenu en 2010 le prix du «Village bioénergétique» décerné par le Ministère de l’agriculture.
A Feldheim, le vent, le soleil et le lisier de porc de la coopérative agricole remplacent pétrole, gaz etnucléaire.

La transition énergétique se joue dans les campagnes, et émane des particuliers», se réjouit Werner Frohwitter, le porte-parole de la société Energie quelle GmbH, à l’origine de cette révolution énergétique. «Aujourd’hui, les énergies renouvelables représentent près de 30% de la consommation d’électricité en Allemagne. Et l’essentiel du courant propre échappe au contrôle des quatre géants de l’électricité, E.ON, RWE, EnBW et Vattenfall, qui se partagent le marché allemand et misent toujours sur les énergies fossiles.»
A Feldheim, la transition énergétique a débuté en 1995, avec la recherche par la start-up Energiequelle d’un lieu adapté pour l’implantation d’un champ d’éoliennes. Le choix s’est porté sur un terrain appartenant à la coopérative agricole de Feldheim. La région, ventée et située à 150 mètres au-dessus du niveau de la mer, abritait déjà dans le passé de nombreux moulins à vent; 47 éoliennes sont aujourd’hui disposées sur un terrain de 86 hectares, à l’écart de la commune, conformément à la législation, qui interdit l’implantation de telles structures à moins d’un kilomètre des habitations à cause du sifflement permanent qui émane des installations.

Plusieurs générations d’éoliennes se côtoient à Feldheim. Les plus petites s’élèvent à 100 mètres de haut. La plus récente, haute de plus de 200 mètres, produit à elle seule 9 millions de kilowattheures par an. De quoi couvrir la consommation moyenne de 2250 ménages allemands. L’ensemble du parc de Feldheim a une capacité permettant de remplir les besoins de 40 000 foyers. «99,5% du courant produit est envoyé sur le réseau et exporté, jusque vers la Finlande et le Portugal», se félicite Werner Froh­witter.
Mais Feldheim n’en est pas resté là. En 2004, la coopérative agricole, inquiète de la chute des prix de la viande de porc, des pommes de terre ou de la betterave à sucre, se cherche de nouveaux débouchés et opte pour l’installation d’une usine de méthanisation «à la ferme».

Le lisier de la porcherie, fermenté avec des substrats végétaux issus du maïs et du seigle, produit depuis 2008 4 millions de kWh de courant, et suffisamment de chaleur pour chauffer la porcherie, deux PME et la quasi-totalité des habitations du village.
La transition énergétique s’est poursuivie avec l’installation d’un parc solaire; 200 panneaux solaires articulés, évoluant suivant l’orientation de l’astre, sont alignés sur les 20 hectares d’une ancienne caserne soviétique, libérée de ses occupants en 1994. Quatre millions de mégawatts sont produits là, de quoi subvenir aux besoins en électricité de 1000 foyers allemands.

Et Energiequelle GmbH rêve déjà à la prochaine étape, avec la construction prévue d’un système de stockage de l’énergie pour parer aux aléas de la production en fonction des conditions climatiques.
De plus en plus de communes allemandes choisissent comme Feldheim de se tourner vers la production d’énergie verte et produisent même davantage d’énergie qu’elles n’en consomment. Selon l’institut Trendresearch, 200 communes sont ainsi – sur le papier – indépendantes en énergie.
Mais seul Feldheim dispose de son propre réseau qui permet aux habitants de consommer eux-mêmes courant et chaleur produits sur place. Partout ailleurs dans le pays, le
courant produit par les panneaux solaires ou les éoliennes est réinjecté dans les réseaux des quatre géants E.ON, EnBW, Vattenfall ou RWE et revendu aux particuliers au prix du marché.
A Feldheim, en revanche, le courant est moins cher. Les habitants du village paient 16,6 centimes le kWh, contre 28,30 centimes en moyenne dans le pays. Et le prix devrait encore diminuer une fois l’investissement de départ amorti, vers 2020.
«En utilisant notre propre réseau, nous échappons aux taxes prélevées par
les oligopoles, qui représentent en moyenne 20% du coût de l’électricité», rappelle Werner Frohwitter.
Décidée en 2008, la création de ce réseau local passe par la mise en place en octobre 2010 d’une société en commandite par actions, aux mains de la municipalité et des habitants.
«L’investissement de départ était de 3000 euros par commanditaire. Tout s’est passé sans heurts et sans conflits. A la fin, seuls deux foyers ont choisi de rester chez E.ON», explique Siegfried, retraité, et partisan du projet dès les premières heures.

L’autonomie énergétique n’a selon lui que des avantages: Feldheim a créé 50 emplois et connaît le plein-emploi. Une petite entreprise de métallurgie s’est installée sur le territoire de la commune, attirée par le bas prix de l’énergie. Le village ne voit plus sa population s’exiler et enregistre même quelques naissances: la famille H., installée dans une maison fleurie à proximité de la coopérative agricole, vient de s’agrandir avec un troisième rejeton. «Posséder notre propreréseau nous permet d’économiser environ 300 000 euros par an, qui sont réinvestis en partie sur place», se félicite Siegfried.
Mais la révolution énergétique de Feldheim n’a pas que des adeptes. Du côté des géants de l’électricité, on voit d’un mauvais œil le développement de telles initiatives, rendues possibles par le niveau élevé des subventions accordées par l’Etat au développement des énergies renouvelables, dans le sillage de la catastrophe de Fukushima, au Japon. Angela Merkel avait alors décidé la fermeture de toutes les centrales nucléaires allemandes au profit des énergies
renouvelables. Le développement du courant vert, produit à partir du vent et du solaire, est responsable de fortes variations sur les réseaux électriques allemands, que les géants de l’électricité doivent compenser au prix de coûteux allumages et extinctions des centrales conventionnelles, au gaz, au charbon ou nucléaires.

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