La Maison brûle ? Violence et non violence

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Un texte sur ECHANGES de la CEN qui mérite d’être lu..

Comment réagir à la violence lorsque tout le monde vous dit de ne pas y réagir ?

Bon j’avoue que ce cas est très particulier, puisqu’il s’agit de sauver le monde – ou pas.

Oui c’est un fou qui écrit, vous avez compris, mais ne lâchez pas tout de suite l’affaire, car vous êtes tout de même un petit peu concerné :

Jacques Chirac himself n’avait-il pas dit lorsqu’il présidait la France : « la maison brûle et nous regardons ailleurs ! »

Croyez-vous que le feu se soit éteint depuis ? Non : c’est bien pire aujourd’hui, l’incendie se rapproche et nous regardons toujours ailleurs. À l’époque, Pablo Servigne et Raphaël Stevens n’avaient pas encore commis leur Comment tout peut s’effondrer, et les indicateurs n’étaient pas autant dans le rouge qu’aujourd’hui. Mais la maison brûlait déjà.

Nos enfants, nos petits-enfants devront se transformer en pompiers d’un incendie démesuré, titanesque, à tel point que certains l’appellent déjà l’Hyper-Titanic, ou bien crever. Peut-être les deux à la fois. C’est bien parti pour. « Tiens ! Toi là ! Génération future ! Attrape le tuyau et vise bien, hein ! À la base des flammes ! »

Bon. J’ai parlé de violence. Où est-elle ?

Elle est précisément dans le fait que je crois que nous pouvons encore, peut-être, y faire quelque chose, mettre les bouchées doubles, nous prendre par la main et nous retrousser les manches, nous, pas moi, pas moi tout seul non, jamais de la vie, nous, nombreux, collectivement, et que pour toucher un collectif il faut convaincre des individus. Or les individus m’envoient paître, et si j’insiste ils deviennent violents, du genre « tais-toi ! Va dire ça aux autres, aux jeunes ! » Et même l’un d’eux s’est levé un jour, en novembre dernier, fin 2015, et il a dit des choses du genre « ça commence à bien faire ! » ; prêt à quitter la salle. C’est pas violent, ça ? Moi je trouve. Quand il s’agit de tenter de sauver le monde et que ce Monsieur, suivi et soutenu par les autres, te signifie de te taire ou bien il se barre, je trouve ça carrément violent.

Voilà où j’en suis aujourd’hui. Et presque tout le monde me dit : « laisse tomber ! Va pas t’esquinter la santé ! Tout le monde ici te prend pour un dingue ! Tu te bats contre des moulins à vent !» (Elle est bonne celle-là, non ?) Et moi j’entends : « laisse le monde crever ! » Et ça j’peux pas. Suis-je fou ?

Bon. Le titre, c’est Violence et non violence. C’est pas pour rien. Moi, perso, j’ai envie de leur rentrer dans le lard, quitte à risquer de me griller définitivement – de toute façon je n’en suis pas très loin – et les autres me disent leur bréviaire de non violence.

Mais le truc, c’est qu’en face je ressens de la violence, moi ! Et mes potes ils ne leur disent pas : « laissez tomber votre violence les gars, arrêtez d’être bornés contre ce pauvre mec qui veut sauver le monde, donnez-lui un coup de main plutôt ! » Non ! Ils ne leur disent pas ça ! Ils pourraient pourtant, non ? Pourquoi ils ne leur disent pas ça ? Pourquoi ils ne leur disent, à eux, qu’ils sont violents ? Violents et irresponsables en plus !

Donc eux ils continuent de me faire taire alors que ce que je dis est un peu, tout de même, de salut public, les mots sont faibles, c’est VITAL, en majuscules, je veux tenter de sauver le monde du réchauffement climatique, c’est quand-même violent de laisser le monde cuire et courir à la catastrophe, non ? De laisser la maison brûler avec tous nos gosses et nos petits-enfants à l’intérieur, non ? On leur dit rien, ils me font fermer ma gueule et à moi on me dit « Robin ! Reste zen ! Pas de violence ! Regarde le Bouddha ! »

Mais que je sache, Gandhi il a tout de même bien dit qu’il préférait la violence à la lâcheté, non ?

Et après quand les flammes nous lécheront les poils du menton, j’aurai l’air malin à leur dire, enfin à ceux qui n’auront pas encore grillé : « tu vois j’te l’avais bien dit ! On brûle ! Nous brûlons ! J’aurais dû vous rentrer dedans, insister, ne pas lâcher le morceau ! » Et juste après : « bon là j’arrête parce que je crame, je meurs, nous mourrons, et c’est trop tard ! Adieu ! Aïe ! J’ai mal, ça brûle !» J’aurai l’air malin, oui ! Et je serai pas le seul.

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