Le hors-sol serait-il LA fausse piste qui nous mettra dedans ?

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Ce hors-sol nous fait penser que l’espèce humaine peut vivre, et continuer à vivre, longtemps, éternellement, en dehors du reste du monde. Grâce au pétrole, aux OGM, à la dématérialisation, à l’élevage en batterie, que sais-je ?

Quand la destruction du monde nous rattrapera-t-elle ? Là est la bonne question, probablement posée bien trop tard pour espérer pouvoir encore y échapper.

Je viens de commander la « Brève histoire de la destruction en masse des espèces », mais je sens bien penser autour de moi que ce genre de lecture, en dehors de me culpabiliser davantage, ne m’apportera rien. La conviction ambiante est que ce genre de destruction ne nous rattrapera pas. Jamais. Effrayant est l’absence de considération, de compassion, de ressenti pour ce que porte en lui le titre de l’ouvrage. Effarante est la croyance que nous ne serons pas impactés, pour la bonne raison que nous vivons dans le virtuel, hors sol.

La nature nous est désormais aussi étrangère que la planète Mars.

Et pourtant ! Non seulement les signes de notre prochaine et déjà si actuelle auto-destruction sont présents, visibles à qui veut les voir, nombreux, sans cesse plus proches de nous dans l’espace et dans le temps, mais surtout lorsque tout aura été détruit et que notre monde hors-sol montrera son vrai visage, celui d’une impasse, nous ne pourrons nous raccrocher à aucune branche : nous tomberons, inexorablement.

Oui pour le coup je suis pessimiste, catastrophiste. Car comment imaginer qu’une prise de conscience ayant lieu aujourd’hui 30 mai 2017 puisse inverser le processus ? Une prise de conscience pour une action concertée et collective, pas pour des actions individuelles chacun dans son coin !

Oui je suis pessimiste : car la pensée positive et la psychologie positive ne peuvent pas nous permettre de voir les choses ainsi.

Et je suis pessimiste parce que les conditions de mon optimisme, c’est-à-dire les conditions d’une mise en action concertée pour une relance d’une production locale, artisanale, sans aucun recours à aucune énergie fossile, ces conditions sont loin, très loin d’être réunies. Qui y croit ? Quasiment tous les regards, tous les espoirs sont tournés vers les solutions hors sol, celles-là même qui creusent notre tombe.

Les sociétés qui n’étaient pas hors sol, celles qui vivaient en harmonie avec la terre mère, celles qui protégeaient les animaux, les végétaux, ressemblaient à s’y méprendre aux sociétés animales, à la différence près, peut-être, qu’elles avaient une possibilité de se représenter ce monde et de l’exprimer grâce à un langage élaboré, grâce à une pensée élaborée, que n’avaient pas les animaux.

Puis l’homme, occidental entre autres, a changé son fusil d’épaule, sa force a été décuplée de multiples fois, contraignant d’autres hommes, animaux, végétaux et minéraux à se mettre à son service jusqu’à les détruire. Ce n’est plus des chocs en retour tels que nous les avons connus dans le passé dont il est question aujourd’hui, c’est bien pire. Ce ne sera pas un choc en retour par réaction, par vengeance, ce sera un choc en retour par absence. Une absence éternelle. Car ce que l’homme a détruit, et continue de détruire, il ne pourra pas le reconstruire en claquant des doigts une fois son erreur fatale reconnue. Ce que l’homme détruit et que la nature avait mis 13 milliards d’années à construire, il le détruit de manière définitive. Irréversible. Il croit pouvoir s’en passer et il s’en bat l’œil, pour le moment. Mais il sera rattrapé. La destruction du vivant le rattrapera et seulement alors il comprendra qu’il était lui aussi vivant. Qu’il était. Car lorsqu’il en prendra conscience il sera déjà mort. Cérébralement, cosmiquement mort, avant d’être biocidé. Le biocide n’est pas un suicide. Un suicide est individuel. Le biocide concerne une espèce. Mais qui fait la différence aujourd’hui ?

Quand nous reprendrons le chemin de l’artisanat, je retrouverai mon optimisme.

Hors sol. 30 & 31 mai 2017

MERCI à ROBIN :

http://gorgerouge.unblog.fr/2017/05/30/hors-sol/

 

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