Juil 282017
 

Entre collectivisme d’état et dégâts du marché capitaliste quelle piste pour en sortir ? Une voie : les communs ! Une démarche oui mais d’ en haut ou d’en bas ?

Je sais
Nous vous avons (parfois, souvent) « bassiné » par notre discours contre les multinationales du pétrole (et charbon gaz) contre leur extractivisme et contre toute l’économie capitaliste aux mains d’acteurs/actionnaires privés/ riches propriétaires de moyens de production, captant toutes les richesses et destructeurs du climat.

Pourtant les gens sentent bien que les choses empirent que la société ne tourne pas rond que le climat part en quenouille…

Les dégâts galopent et nous ne regardons plus ailleurs ?

Ils comprennent peu à peu que l’économie, par  une course en avant (ou  croissance) dans la concurrence entre producteurs , dans l’ accumulation du capital privé (actions, spéculation, achats de machines et technologies) fonctionne à la violence à l’égard de la nature (extraction de ses ressources jusqu’à plus soif)  et contre les humains : (exploitation de leur force de travail, spoliations continues (exemple : les abonnés au gaz  versent plus de 300 € annuels aux actionnaires de GDF Suez !!!) (cf le Fakir, cf « La violence des riches »), empoisonnements par la malbouffe…

L’économie carbure au pétrole (mais aussi charbon, gaz, accessoirement le nucléaire) : 80 millions de barils soit 13 milliards de litres consommés chaque jour ! (un baril = un tonneau de vin de 190 litres, mais rempli à 159  litres, pour ne pas verser dans le roulis des bateaux) soit 150 m3 par seconde soit des milliards d’esclaves à disposition via les moteurs du moins tant que « la fête (n’est pas encore) finie »!

Plus de la moitié des réserves est consumée, 150 millions d’années de travail de la nature sont partis en fumées en 150 (180 ? ) années de folle croissance parsemée de crises

Le système (le marché colonisant la plupart des sphères de la société, l’état, les médias, la « démocratie » parlementaire, de …) a créé avec les énergies fossiles une chimie folle (400 millions de tonnes de plastiques se dissolvent dans les océans après avoir créé des continents artificiels grands comme 7 fois la France, sur 2 à 30 m d’épaisseur), une agriculture chimique recyclant les excédents de production d’explosifs des précédentes guerres, une agro-alimentation industrielle hors sol, toxique et cancérogène, qui consomme 10 calories pour en produire une, des transports démentiels (3,5 milliards d’humains dans des avions autour du monde, chaque passager pour se rendre d’ici à New York consommant juste 1 tonne de CO2, donc tous produisant 3 milliards de tonnes de C02 en plus….

Il a vidé les océans et stérilisé 90% des terres arables…

90 multinationales ont produit les 2/3 des GES, elles ont aussi causé l’extinction la plus rapide et étendu des espèces depuis le Permien.
Les laboratoires mondiaux disent qu’en 2070-100 la planète est inhabitable et des chercheurs du GIEC dans National Géographic avancent des t° de 50/55 d° sur la France avant la fin de ce siècle !

Comment ferons nous quand le pétrole sera hors de prix pour démanteler les centrales nucléaires, refroidir les déchets hautement énergétiques,  réhabiliter les 400 000 décharges et sites hautement pollués ici, et pour mobiliser les moyens d’enrayer le pire au sud, eux dont l’empreinte écologique ne peut être tenue pour responsable du réchauffement et qui ont besoin de justice climatique,

Les énergies renouvelables sont largement une illusion du capitalisme vert car elles ne peuvent au fond donner les puissances du carbone et sauver un système à bout de souffle

Donneront-elles de quoi rendre la vie vivable après les effondrements en cascades ? Ou faut-il organiser la décroissance du système et des modes de consommation aberrants côté classes moyennes et supérieures ? côté vie des classes populaires qui ont été dépossédées  de toute autonomie alimentaire, énergétique (comme jadis avec les « communs »)?

Les périls s’accroissent

Au total, la gaine mortelle de centaines de milliards de tonnes de C02 qui enserre la terre et l’empêche de se refroidir, ne cesse de s’accroître, bien au delà des 350 ppm fixés comme concentration à ne pas dépasser au risque de l’effondrement général du climat et de la disparition en ce siècle de toutes les espèces de notre maison à tous.

Depuis le sommet de Rio, 1992, plus il se produit de rencontres au plus haut niveau plus les émissions continuent et plus les périls s’accroissent. La puissance des riches leur permet de mettre les états à leur service, de coloniser les consciences en menant la lutte des idées (cf le climato scepticisme financé par Exxon et autres compagnies) d’acheter les médias à 95%, les chercheurs, les élus voire les ONG bref de continuer leur business mortel tout en communiquant sur le développement durable, sur la croissance verte et vertueuse, tout en organisant un marché carbone qui n’enraie guère les émissions.

Ils viennent de mettre 100 milliards pour les forages en Arctique !!!

Les temps des effondrements des barrières vitales s’approchent comme l’effondrement des protections sociales et l’explosion des inégalités sociales (8 milliardaires cumulent plus de richesses personnelles que 3,5 milliards des plus pâuvres, soit que 50% des habitants de cette planète malade de leurs profits…de leur  domination…de leur hégémonie idéologique.

Faire naître ce qui sauve

D’où la nécessité de faire flèche de tout bois, de rassembler et de chercher toutes les convergences entre luttes et alternatives, entre rouge et vert   pourvu que leur horizon soit de quitter le système…et non de croire au miracle technologique et de la relance verte, ou de continuer à revendiquer une part du gâteau ou de se livrer à un écologisme benêt ou apolitique (transition)

Ne s’agit-il pas dès lors de

-désigner clairement les « ennemis » qui anéantissent le projet de la vie,
-de ne pas craindre les confrontations (de préférence non violentes mais actives),
-de mettre du temps à construire des savoirs (sur les ressorts cachés du système),
-d’engager de l’énergie pour enclencher des insoumissions locales ou nationales ou internationales sur la durée (et non juste sauter dans l’évènementiel, le festif en retournant aux routines d’avant) ,
-de mobiliser de l’optimisme (de la volonté), de la lucidité (de l’intelligence), -de passer des heures de « sacrifice » du bien être perso (sauter des apéros et autres tournées) pour du festif de conscientisation !

….si l’on veut contribuer dans la durée à mettre des forces en marche, à créer un meilleur rapport des forces, à développer les luttes de masse pour une en sortir, pour  l’alternative à la propriété (économique), au pouvoir (politique), à l’hégémonie du libéralisme/capitalisme  (intellectuelle et « im »morale), pour réduire (?) le rythme de la destruction de la nature et du vivant…

 

clarifions les termes du débat : quelle alternative (propriété, pouvoir, culture) ?

On nous argue à toute proposition de toucher au coeur de la machinerie à faire de l’argent privé le maître du monde  : mais c’est du soviétisme ? Or, il ne s’agit ni de revenir au despotisme de l’état collectiviste du temps de l’URSS (capitalisme monopoliste productiviste d’état) ni seulement de nationalisation massive des moyens de production pour une  économie largement sous la direction de l’état alias de la noblesse d’état…dont on a vu avec le corps des Mines l’extrême nocivité nucléariste.

Nous n’aurions dès lors que le choix de nous résigner aux pires inégalités sociales et aux destructions écologiques du capitalisme , par peur de voir arriver le  pire (comme aux élections de second tour voter dictature libéraliste feutrée contre risque de dictature d’extrème droite)

Reconstruire les communs

Depuis que nous avons pris le parti d’une éduc pop radicalement orientée vers la « sortie du système »…(il y a une dizaine d’années) nous avons été poussés à explorer des voies nouvelles d’organisation économique :  la reconquête des « biens communs » , « une ressource gérée par une communauté qui en est la seule bénéficiaire, avec des règles qu’elle établit elle même » (B. Coriat, voir aussi textes de Jean Gadrey sur ce site, et travaux d’Elinor  Ostrom, prix Nobel 2009 d’économie)

Pas seulement les nationalisations (programme de la FI, encore que nous n’ayons rien contre les biens publics, au contraire, si le pouvoir de gestion revenait à la base), ni la propriété coopérative (scops qui demeurent dans le marché et la concurrence au titre de l’ESS vertueuse pendant que les grands groupes continuent leurs ravages, sauf l’exception : réseaux de scops, ou expériences de coopératives intégrales …

Reprendre en main les communs partagés en commun, possédés en commun, gérés en commun, en veillant à ce que la ressource se renouvelle.

Nous avions cette intuition avant la vogue du terme des biens communs, notamment en reprenant l’idée d’autonomie alimentaire énergétique politique culturelle au niveau du territoire et de la cité (ville campagne) inspirée de Boockchin et de son communalisme.

Tout en actualisant les 6 R de Latouche, nous rajoutions le contrôle en démocratie directe (DDT) territoriale, la propriété en régies publiques communale ou intercommunale, et la réhabilitation des ceintures vertes et même intra muros par la permaculture dans un nouvelle coopération villes campagnes…

Quand s’accroit le péril naît aussi ce qui sauve

Au total, ce tout forme les contours d’une sorte de « perma économie » endogène, et résiliente ou l’on vit plus simplement plus convivialement plus en harmonie avec la nature, en satisfaisant les besoins naturels et nécessaire, justement parce qu’on a repris le contrôle des biens communs.

Cette intuition plus ou moins utopiste, a rencontré le réel avec les mouvements de remunicipalisation de l’eau comme un bien commun vital aux temps des catastrophes ! Terre de lien (dont nous sommes actionnaire) vise également à soustraire à la spéculation marchande des terres cultivables. C’est pour le moment une réappropriation très limitée mais qui montre la voie qu’un état qui aurait été conquis par des forces populaire pourrait institutionnaliser tout en réduisant lui même sa malfaisance répressive et en augmentant sa part de biens « collectifs » différents des biens communs….
Mais pourquoi penser seulement au niveau de l’état ?

Certes il est un acteur incontournable des politiques publiques en faveur des biens publics et pourrait édicter des conditions favorables à la reconquête de biens communs locaux. Et monter une constituante tirée au sort édictant des règles rendant les habitants/citoyens à la leur souveraineté  législative, maîtres du jeu démocratique , et non plus des électeurs chaque fois grugés puisque ne sont élus que ceux financés par l’argent des riches et portés par les médias (propriétés des riches)

Du bas vers le haut ?

On sait qu’en Angleterre des 10è au 17è siècles les paysans géraient en commun terres et forêts (les « commons ») en s’entr’aidant.  Mais la montée du capitalisme et de sa révolution industrielle (fourniture de main d’oeuvre aux fabriques et production intensive de laine de mouton) ont imposé dès la fin du 17è, un mouvement des « enclosures »  ou délimitations liquidant ces communs privatisant des espaces  jusqu’alors ouverts à tous, ruinant les paysans contraints dès lors  par leur noire misère à se vendre aux capitalistes des fabriques, à vil prix. Nous même issu d’une famille d’ouvriers agricoles avons fait l’expérience fin des années 40 d’après guerre, de ces biens communaux : nous aurions eu beaucoup plus de mal à vivre sans des terres des pâtures libres, des étangs à carpes, des vieux vergers, ni des coupes de bois énergie communales… ni d’intenses échanges entre habitants (veillées et fêtes), des « coups de main » systématiques notamment pour les moissons culminant dans la batteuse qui mobilisait une grande partie du village !

Adieu aux communs ou leur reconquête ?

Nous constatons ici comme ailleurs que ce sont les élus qui par les PLU en classant certains communs municipaux en zones constructibles vendent des biens communs communaux appartenant de fait à tous, biens dont la population aura tant besoin avec l’austérité et le réchauffement climatique qui galopent et qui augmentent le prix des denrées alimentaires.

Il est vital ici comme ailleurs de stopper la vente du foncier arable, pour des villas au profits de bobos qui pourraient construire intra muros.

C’est en France l’effrayante stérilisation des terres de la surface d’un département tous les 6 ans, un terrain de foot toutes les 4mn 50 ». Ici  des terrains qui pourraient accueillir petits élevages (cf pénurie d’oeufs bio locaux) ou maraîchages (cantines bio en mal de fournisseurs), sans dommage à la nature, sont vendus par tranche de 1200 m2 pour des villas . ici et ailleurs des biens publics et « communaux » sont vendus, des bords du lac concédés à des sociétés privées pour faire du commerce avec les touristes (locations, restaurations, animations) contribuant de la sorte à détruire peu à peu la ressource commune vitale : l’eau propre et buvable de plus en plus problématiquement impactée par l’activité marchande, comme l’a si bien montré l’économiste  Elinor Ostrom…

Un  mouvement contraire pourrait inverser la donne sur le modèle de Mouans Sartoux et de sa « régie publique alimentaire » : de la terre en périphérie rachetée par la commune et cultivée soit par des paysans soit par des fonctionnaires territoriaux….selon des modalités agro écologiques voire permaculturales préservant  et développant la ressource.

Une  belle occasion vers une « perma économie » : les municipales de 2020 !

Développons la bataille des idées  pour la conquête  du pouvoir politique local , pour des pouvoirs citoyens en forme de démocratie directe et donc pour reprendre en main l’économie du territoire et les ressources des communes et des biens communs y compris sous des formes à inventer de coopérations en SCIC et autres avec des agents économiques ayant compris que le ciel leur tombait sur la tête…

André DUNY

0675800579 andre.duny@gmail.com

 

 

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