Des politiques énergétiques locales, levier de sortie du nucléaire et de son monde ?

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Quelle transition ?
Les politiques énergétiques locales peuvent-elles être un levier de sortie du nucléaire et de son monde ?

(Un exemple de transition territoriale en Autriche et un en France)

Intervention dans le Forum au Palais de la Foire « Tchernobyl , Fukushima : plus jamais ça !
« 
VALENCE 29 mars 2014

Les crises écologique, économique et sociale sont souvent traitées sous l’angle de la mondialisation et les réponses sont cherchées sur le plan national ou européen.

Pourtant au niveau des territoires, en France et en Europe, des  politiques innovantes existent  qui dessinent une alternative globale à partir du local .

Prenant appui sur les ressources naturelles, elles visent un développement économique endogène qui tire ses moyens en priorité de la construction de systèmes de production d’énergies en régies publique ou semi publiques (cf. sur site www.la-cen.org un compte rendu de la soirée « Hauteville peut-elle devenir autonome en énergie ? »)

Créant de l’emploi, redynamisant les liens sociaux et l’économie locale, ces politiques génèrent une richesse qui reste sur le territoire, comme à Montdidier (France) où 4 éoliennes en parc public ramènent 400 000 € nets dans la trésorerie communale permettant d’isoler les appartements modestes…

L’argent approprié collectivement peut aussi servir à de nouveaux investissements publics énergétiques qui construisent peu à peu une certaine autonomie énergétique englobant le couple sobriété/efficacité à condition de ne pas servir les requins de l’économie prédatrice…qui se fournirons ailleurs au prix fort.

Ainsi peut être coupé le cordon maléfique qui nous relie aux énergies fissiles et fossiles.

L’argent public de l’énergie renouvelable peut aussi nourrir des services publics à l’échelle locale (comme maisons médicales…) réduisant les inégalités sociales et construisant la résilience, la défense des populations locales face à la conjonction des pénuries.

Pour ce faire ces populations doivent être associées à la gestion des budgets car une politique en faveur des pauvres ne peut être faites uniquement par des élites sociales, intellectuelles ou classes moyennes…Avec le pouvoir territorial partagé, avec ces 10/20 % d’habitants co-décideurs et donc co-responsables, la sobriété énergétique va et ira de pair avec l’appropriation collective pour l’autonomie.

A Gussing (4500 habitants) il y a eu réduction de 400% des émissions de gaz à effet de serre avec 1000 emplois nouveaux à la clé en 15 années et 52 bio digesteurs un parc éolien et capteurs solaire à eau chaude!

C’est là sans doute la transition des transitions ! Celle qui donne à la société civile notamment les moins favorisés l’occasion de prendre le pouvoir politique et économique local et à gouverner le territoire avec les élus (budgets participatifs).

En effet, la transition ce sont peu ou prou ces milliers d’initiatives portées par la société civile, qui dans leurs démarches visent à éveiller les consciences. Mais si elle demeure limitée à de petits groupes centrés sur l’évolution de nos modes de consommation et de vie, elle risque d’être la caution d’un « développement durable » prôné par de puissants intérêts privés. En n’entamant pas le pouvoir économique ni politique à commencer par le territoire, elle risque de laisser perdurer le même système mais en plus vert (: or, 2/3 de l’effet de serre est causé par 90 multinationales largement soutenues par les gouvernements ou l’Europe et les décideurs locaux qui dépensent rappelons-le 226 milliards d’€ par an (l’État 382, la Sécu 533) !!!

La « transition » mérite donc d’être repolitisée par la démocratie de codécision au local, et d’être élargie à cette « transition économique et sociale » sous peine de ne pas rassembler assez de forces sociales pour de véritables changements, laissant le système (dont la démocratie par délégation dont les élus locaux) continuer de ravager le monde.

L’initiative de la « transition citoyenne » qui, le 1er février dernier, a interpellé les candidats, semble aller dans ce sens en proposant de développer la part de « l’économie sociale et solidaire » dans l’économie de marché en rajoutant EES « E » (écologique)…A Crest ce sont les 20 exigences de 15 associations qui ont été soumises aux candidats et à Valence une modeste première soirée entre associations citoyennes et élus…

On peut donc se passer du Nucléaire à condition de changer de monde au local…du moins pour commencer !!

André DUNY pour la Commission Cen Énergie : energie@liste.la-cen.org

 

Résumé intervention

 

Voir aussi site de la CEN www.la-cen.org

 

 

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