L’ATTRACTIVITE du TERRITOIRE , PIEGE A… COLLECTIVITES qui DONNENT la VIE aux EMPLOIS PRECAIRES et la MORT à la NATURE

ATTRACTIVITE, PIEGE A… COLLECTIVITES

Le culte de l’attractivité du territoire est un piège à développement humain, social et écologique. Il est vrai que pour avoir eu deux occasions d’être à la tribune avec Henri Emmanuelli, une fois sur son terrain, une fois sur le mien, je n’ai pas senti vibrer en lui la moindre fibre écologique. J’ignore si cela a changé car c’était avant la « grande crise ». Il m’avait même qualifié de « pessimiste » lorsque j’avais fait état de mon inquiétude sur le monde dans lequel risquaient de vivre mes petits-enfants, en mettant en avant son propre optimisme. Dommage d’ailleurs, car sur bien d’autres aspects de la critique du néolibéralisme, nous étions d’accord.

Quoi qu’il en soit, ceux des élus locaux qui n’ont que l’attractivité à la bouche l’emploient dans un sens bien précis et bien réducteur : attirer des entreprises, des capitaux, mais aussi des touristes « venant de loin », car ceux-là dépensent plus que les autres en moyenne sur le territoire. Et ça, c’est bon pour le « développement local ». Ils sont capables de dépenser des sommes folles (voir l’annexe) pour « attirer » ces acteurs en sacrifiant des patrimoines naturels de grande valeur écologique ou esthétique, cette valeur qui ne se mesure pas en euros.

Or, « une autre attractivité est possible », celle qui fait du territoire un lieu du bien vivre durable, qui le rend attractif pour ceux qui y vivent, qui participent à sa vitalité, qui entendent bien y rester et y travailler, mais attractif aussi pour des visiteurs ou voisins qui y trouvent des beautés (naturelles, bâties et humaines) dont on a pris soin, et des valeurs que l’on partage, à l’opposé des valeurs élitistes à la sauce Palm Spring.

Mais l’emploi ? C’est important non ? Absolument, j’y ai même consacré cinq billets récemment. Or ce que mettent en avant les barons locaux « attractivistes », c’est un nombre absolu d’emplois qu’ils attendent, avec presque toujours un grand écart entre leurs attentes affichées et le résultat final. Or cette façon d’argumenter est socialement, écologiquement et surtout économiquement « insoutenable ». Socialement d’abord, parce que la qualité et la durabilité des emplois sont souvent douteuses (voir l’annexe), d’autant que ces grands élus n’ont aucun pouvoir sur la façon dont les groupes privés investisseurs vont créer et gérer les emplois promis. C’est comme avec le CICE…

Ecologiquement indéfendable ensuite : afficher avec fierté un nombre d’emplois attendus sans se préoccuper de la nature de l’activité et de ses dommages écologiques, cela devrait être désormais proscrit.

Mais surtout, même en ne retenant que le critère de l’emploi il est économiquement stupide de raisonner ainsi, dans l’absolu, sur un seul projet, sans réfléchir au « potentiel en emplois utiles » de la même dépense affectée à divers projets alternatifs. Or les opposants à ces deux projets ne manquent pas d’idées sur ce qui pourrait faire du bien dans ces territoires, sous la forme de dizaines de « petits et moyens projets utiles » dont l’ensemble serait bien plus riche en emplois ayant du sens dans des activités préservant l’environnement et le lien social. Si vraiment ces élus veulent mettre en avant l’emploi (de bonne qualité, utile et soutenable) alors chiche ! Qu’ils mettent en place des groupes de travail pluralistes issus principalement de la société civile : ces derniers trouveront en quelques semaines de quoi créer beaucoup plus d’emplois pour la même dépense publique. Voyez d’ailleurs en annexe les précisions indispensables sur l’économie du projet, le coût public exorbitant par emploi créé, et le fait que tout le modèle économique s’effondrerait s’il ne bénéficiait pas d’une scandaleuse niche fiscale.

NOTRE COMMENTAIRE

Après des pages dithyrambiques des dépliants touristiques sur le pays du lac d’Aiguebelette, on a compté 2 000 voitures à Pentecôte. Des chantiers de villas tuent les trames vertes et bleues, les paysages et la biodiversité. Tout ça pour voir le lac de son salon un mois par an…comme on le verra (photo)(relire “Comment les riches détruisent la planète” d’Hervé Kempf)
Les élus ont déposé leur PLU souvent sous la pression et pour faire plaisir aux proprios. De 0, 6 € le M2,  la terre nourricière qui va devenir stérile est vendue à 110 € . Pour le proprio qui a assailli son maire et obtenu que son terrain soit constructible c’est le jackpot : si c’est un demi ha (5000M2) ça fait une cagnotte cash qui passe de 3 000 € à 500 000 € !!!! L’inique rente foncière commence par une décision politicienne. C’est ainsi qu’un maraîcher bio perd le marché d’un terrain voisin où s’édifie à la place de bons légumes les casemates de béton, et ce,  sous la houlette de l’immobilière qui gère la fédération de protection du lac.
Alors qu’est ce qu’on attend pour prendre la main ? Et tout de suite inverser les PLU ? Et pour re-passer partout du constructible aux zones agricoles protégées (ZAP) ! c’est fortement conseillé par le SCOT adopté ici après 8 années d’échanges…

(ici une commune a dû faire le retour en terres agricoles des 11 ha qu’elle avait classés en constructible, bravo ! )

NOTRE PHOTO avec vue sur le LAC pour deux personnes tant pis pour les milliers d’autres !
Des milliers de M2 de prairies à vaches et pommiers phytoépurateurs et absorbeurs de CO2 remplacées par béton et bitume cancérogène et tueurs de climat , alors qu’on peut construire au coeur des villages comme autrefois en laissant la nature faire son boulot pour nous et nos enfants et pour le lac…Si on veut de l’activité pourquoi pas à la place de ces horreurs, un maraîchage bio pour les cantines locales, non ? Oui quelques serres c’est du durable et ça s’enlève au besoin…

Pression sur un lac “réserve naturelle” avec les championnats d’aviron et leur câbles sous marins parmi les palafittes, et leur cabane en béton (voir SOS Lac-) De l’eau buvable pour toute la région et une biodiversité fragile, impactées entr’autres par les particules fines des diesels , 350 000 plagistes et quelques tonnes de crêmes solaires aux nanoparticules cancérigènes, bientôt  le destin du Bourget pollué d’où un grand nombre viennent prendre ici les eaux ?…Et moi et moi et nos enfants quand la seule grande réserve d’eau douce buvable de la région sera contaminée ?

AD

 

 

 

 

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