Les coopératives ouvrières, ça marche… Et ça marche d’autant mieux si elles sont fédérées en un réseau ayant son propre système de financement.

LE FILM  :  LES FAGOR ET LES BRANDT

Réalisation : Anne ARGOUSE et Hugues PEYRET
Production : Antoine Martin Productions
Co-production : Citizen TV
Musique : Eric Thomas
Avec le soutien du Centre National de la Cinématographie, de la Région Haute-Normandie, de la Procirep – Angoa
52 mn, 2007

Le film en détails
Au Pays basque, un système original de coopératives permet aux ouvriers de participer aux décisions managériales et d’étaler les risques entre les activités qui marchent et celles qui sont en difficulté. Mais quand ils reprennent une entreprise française comme Brandt, la tradition syndicale ne fait pas très bon ménage avec le système coopératif. “Manger ou être mangé”, telle pourrait être la morale de l’histoire des Fagor et des Brandt.

PRÉSENTATION DU FILM

En 2005, l’entreprise espagnole Fagor rachète Brandt et devient un des leaders du secteur de l’électroménager européen. Les salariés français sont inquiets et redoutent les licenciements.

Mais Fagor n’est pas une entreprise comme les autres, c’est une coopérative. Élire et révoquer ses dirigeants, voter les salaires et la redistribution des bénéfices, c’est le mode de fonctionnement de Fagor, la coopérative phare de la Mondragon Corporacion Cooperativa, le plus grand groupe coopératif du monde, septième entreprise d’Espagne. Un système initié, il y a cinquante ans, par un prêtre républicain dans un Pays basque de tradition ouvrière, résistante et autonomiste.
Quand les Fagor deviennent propriétaires de Brandt, trahissent-ils leur principe de solidarité ? Comment les salariés de Brandt vont-ils être traités par leurs nouveaux patrons ?
Les Fagor peuvent-ils appliquer leurs principes coopératifs à l’échelle internationale ?
Comment un réseau de coopératives, souvent assimilées en France à des petites entreprises sans ambition, a-t-il pu atteindre une telle échelle ?
Confronté à la mondialisation, ce modèle est-il exportable ?
Autant de questions épineuses posées par ce film qui confronte avec précision et nuance les points de vue, les intérêts divergents, en souligne les dilemmes.

MONDRAGÓN
par Jacques PRADES, économiste
Modèle unique au monde de coopératives intégrées, le complexe de Mondragón regroupe plus de 116 structures. Deux tiers de ses 32 000 associés travaillent dans le Pays Basque espagnol, qui affiche, grâce à Mondragón, un taux de chômage de l’ordre de 3 %.
Dans ce complexe, le licenciement est interdit pour les coopérateurs, et les rémunérations sont fixées par ces derniers eux-mêmes.

L’aventure de la coopérative de Mondragón commence en 1943 avec la création d’une école professionnelle à l’initiative du père Don José Maria Arizmendiarrieta, prêtre républicain qui cherchait une alternative de développement opposée à la fois à la dictature franquiste et aux révolutionnaires.

En 1955, des anciens élèves de cette école reprennent une entreprise en difficulté, à partir de laquelle ils créent la coopérative Ulgor, acronyme formé des initiales des cinq fondateurs.
Ulgor, devenue ultérieurement Fagor, est alors une entreprise coopérative de chauffage électrique.
En 1958, les salariés-associés d’Ulgor créent un organisme de prestations sociales, Lagun Aro.
Simultanément, de nouvelles petites coopératives voient le jour dans le sillage d’Ulgor.
En 1959, le père Arizmendiarrieta suscite la création d’une caisse de crédit, la Caja Laboral Popular, afin de permettre à ces nouvelles petites coopératives d’accéder à un crédit que leur refusent les banques.
En 1961, l’ensemble des initiatives se structure : les fonds de Lagun Aro sont déposés à la banque et les coopératives Ulgor, Arrasate et San José (coopérative de consommation et future Eroski) prennent la direction de la caisse de crédit.
Un des traits remarquables du complexe de Mondragón est le rôle que l’école n’a jamais cessé de jouer : celle-ci dépasse 300 élèves au début des années 60 et constitue un creuset coopératif et d’innovations irremplaçable. Le groupe connaît une croissance très rapide au cours de la décennie 1960 : on comptait 479 emplois en 1960, 4 211 en 1965 et 8 743 en 1970, au sein de 40 coopératives dont 34 créées entre 1964 et 1970.
Le groupe de Mondragón n’échappe pas à la crise économique du début des années 70, dont les effets vont se poursuivre durant une dizaine d’années. Le redressement s’opérera au prix d’efforts considérables en matière d’organisation du travail (plus de flexibilité et de polyvalence), de gestion (péréquation des résultats entre secteurs) et de politique commerciale (ouverture à l’export) ; on observe simultanément la mise en réserve des excédents de gestion et le développement de la caisse, qui collecte 300 000 comptes en 1980.
Le complexe est actuellement divisé en trois secteurs : un secteur industriel représentant 18 000 postes de travail, un secteur de distribution mobilisant 13 000 sociétaires, un secteur financier employant 1 500 personnes.
Mondragón jouit d’une large reconnaissance internationale, fréquemment cité comme exemple prouvant la possibilité d’asseoir une mondialisation industrielle sur un réseau coopératif unifié et diversifié.
Article extrait de “Alternatives Economiques” Guide pratique n°22 – Janvier 2006

À PROPOS DU MOUVEMENT COOPÉRATIF
Le réseau des entrepreneurs coopératifs
Et aussi, les entreprises sans patron en Argentine : El correo

Commander le DVD du film
http://voiretagir.org/spip.php?article99 – forum

 

Les coopératives ouvrières de Mondragon
Une alternative autogestionnaire à la mondialisation ?

Le réseau des scops Mondragon a participé sous les traits d’Urko, formateur de leur UNIVERSITE autonome, à l’Université d’été de la CEN 11-14 juillet “
INVENTER ici et maintenant un MONDE MEILLEUR”, qui s’est tenue les 9-10 juillet à la ferme coopérative de Caracoles à St Fortunat 07 (précédée d’une Rencontre d’écologie sociale pratique autour de l’autonomie alimentaire, énergétique, d’habitat et …culturelle)

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