Béton, plastique, nitrates… 10 preuves que l’Homme a changé le monde à jamais (ou l’accumulation capitalistique ? NDLR)

“l’homme a changé le monde à jamais.”..

Remarque LIMINAIRE de l’administrateur   ” L’Homme ” ici désigné n’a t il pas bon dos pour encaisser la responsabilité principale d’un système criminogène  et du coup la diluer, désarmant la recherche d’autres possibles mondes plus vivables ?? ?)

L’être humain a-t-il poussé la planète dans une nouvelle ère, l’« anthropocène » ? En avril, les géologues devront se prononcer. Mais l’étude de strates ne dit pas tout. Un faisceau d’indices plaide déjà contre nous.

(le pauvre avec sa pauvre empreinte écologique serait il tueur de planète à l’égal du riche qui d’avions en Yacht, de Ferrari en gigantesques propriétés d’organisation programmée de la mondialisation en productions toxiques mais rentables ….ne ferait alors que son humble part soit une goutte de feu dans l’incendie planétaire)

Le Baromètre de cet article

Cela faisait onze mille sept-cents ans que ça n’était pas arrivé. La fin d’une ère. La dernière fois, la planète voyait s’achever l’époque glaciaire et l’homme, pourtant déjà présent sur Terre depuis près de sept millions d’années, n’avait pas grand-chose à voir dans l’affaire.

En avril prochain, un nouveau changement de ce type, global et rarissime, pourrait être acté. La Commission internationale de stratigraphie (ICS), l’organisme fixant les grands standards de la géologie, doit se prononcer. A cette occasion, la Terre pourrait quitter officiellement l’holocène pour entrer dans l’anthropocène. Cette fois, l’être humain est la force motrice.

La bascule n’est pas seulement sémantique. En adoptant ce terme d’« anthropocène », les chercheurs reconnaîtraient que l’espèce humaine, par son activité, est devenue une force géologique majeure. Ils constateraient officiellement que l’homme a inscrit la trace de son passage dans les strates de glace et de sédiments. En attendant que le panel international de géologues se prononce, le dossier s’alourdit. La dernière revue d’études, coordonnée par Colin Waters et publiée le 8 janvier dans Science, conclut que cette nouvelle époque existe et qu’elle « a débuté quelque part au milieu du XXe siècle ». Si elle allait dans cette même direction, la décision de l’ICS ne ferait qu’inscrire dans le marbre un bouleversement amplement reconnu. « L’idée de l’anthropocène dépasse la géologie, résume Dominique Bourg, philosophe et professeur à la faculté des géosciences et de l’environnement de l’université de Lausanne. Son acceptation culturelle et scientifique est déjà largement acquise. » Et pour cause, les signes témoignant de notre empreinte indélébile fourmillent. En voici un échantillon.

1 – Un kilo de béton par mètre carré

Héritage des Romains, le béton n’est devenu le premier matériau de construction qu’au cours du siècle dernier. Sa propagation fut alors fulgurante : la moitié des volumes existants dans le monde date de ces vingt dernières années. En un rien de temps, l’hyperactivité des bétonnières nous en a laissé 50 milliards de tonnes sur les bras. Autrement dit, si l’on voulait répartir le béton existant sur toute la surface de la planète – océans et calottes glaciaires inclus –, on pourrait en déposer un kilo par mètre carré. « On peut aussi imaginer l’empreinte que laisseront des villes comme Mexico et Pékin dans des milliers d’années », renchérit Dominique Bourg. Pour compléter le tableau, il faut ajouter les 500 millions de tonnes d’aluminium à ce jour produites et la quantité presque équivalente de plastique fabriquée… chaque année.

2 – Notre héritage ? Le « plastiglomérat »

Justement. « Les géologues du futur risquent d’avoir quelques surprises quand ils découvriront ce type de roches », grince Dominique Bourg. Le chercheur fait référence au « plastiglomérat » découvert et nommé ainsi en 2014 par la géologue canadienne Patricia Corcoran. Le nom renvoie à un amas de roches, de débris naturels et de déchets plastiques aussi basiques que des brosses à dents. « Ces plastiglomérats se forment, par exemple, lorsqu’une coulée de lave volcanique traverse une décharge », explique Dominique Bourg. Très localisées, ces roches bariolées « pourraient bien être un marqueur de la période à partir de laquelle les humains en vinrent à dominer le monde et à y abandonner leurs déchets en grande quantité », explique le géophysicien américain Douglas Jerolmak, cité par Futura Sciences.

3 – Une signature aux isotopes nucléaires

Pour marquer son territoire dans la durée, l’être humain n’a pas trouvé mieux que l’arme nucléaire et son déluge d’isotopes carbone-14 et plutonium-239. En 1945, l’essai nucléaire Trinity réalisé au Mexique ouvrait le bal. « Puis, des années 1952 à 1980, les tests d’armes thermonucléaires ont généré un marqueur clair », indique l’article de Science, qui conclut que ces retombées « constituent probablement le signe le plus répandu et synchronisé de l’anthropocène ».

4 – Un sol repu d’engrais, gorgé de nitrates

A trop boire d’engrais, nos sols ont atteint l’écœurement. Du fait de l’usage massif d’intrants, « les stocks de nitrogène et de phosphore dans les sols ont doublé au cours du siècle dernier », apprend-on dans Science. Résultat, on trouve désormais au Groenland « des niveaux de nitrates plus élevés qu’ils ne l’ont jamais été au cours des 100 000 dernières années ».

5 – Le monde sauvage retranché sur un quart des terres

Inexorablement, l’humain gagne du terrain. En trois petits siècles, la surface du globe restée sauvage a diminué de moitié, passant de 50% à 25% de la superficie des terres émergées. En ne s’intéressant qu’aux sols, on constate que l’homme, avec l’ensemble de ses activités – agricoles, minières, forestières, etc. –, en a modifié la moitié dans son propre intérêt.

6 – Un climat détraqué

En 14 000 ans, jamais le thermostat planétaire n’avait autant joué au yoyo qu’il l’a fait pendant le siècle qui vient de s’écouler. Entre 1880 et 2012, la température du globe a connu une augmentation de 0,85°C, concentrée sur les cinquante dernières années. Et le phénomène se poursuit. Si rien n’est fait, l’augmentation de température pourrait atteindre, selon le Giec (Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat), 4,8°C à la fin du siècle.
La planète a la fièvre

7 – 90% des écosystèmes sous influence humaine

Conséquence de ces dérèglements globaux, les autres espèces ne sont en paix nulle part. De la forêt amazonienne au corail australien, « 90% des écosystèmes sont sous influence humaine », note Dominique Bourg. Résultat, la biodiversité s’érode à un rythme 100 à 800 fois plus rapide qu’au cours du XIXe siècle et des siècles précédents.

8 – Moitié moins d’animaux sauvages en quarante ans

Pas de changement d’ère sans une bonne extinction de masse. Bingo ! De 1970 à 2010, soit en quarante ans, la moitié des population de mammifères, reptiliens, amphibiens et oiseaux a disparu, selon l’étude Planète vivante du WWF publiée en 2014. Cette fonte des effectifs s’accompagne fatalement de disparition d’espèces. « Si vous regardez la vitesse à laquelle s’éteignent nos mammifères, c’est un rythme compatible avec ce qu’on peut attendre d’une extinction de masse », affirme Elisabeth Kolbert, auteure de La Sixième Extinction, dans le mook de Terra eco.
Elizabeth Kolbert : « Nous sommes clairement en train de vivre une extinction de masse »

9 – Une influence qui touche jusqu’à la tectonique des plaques

« En modifiant les grands cycles chimiques, le cycle de l’azote, du carbone, du phosphore, de l’eau, l’homme a même une influence isostatique », reprend Dominique Bourg. En clair, l’être humain est si puissant qu’il perturbe jusqu’à la tectonique des plaques, qui elle-même joue sur l’activité des volcans ou… la hauteur des continents.
Le changement climatique soulève littéralement l’Islande

10 – Des sous-sols pillés jusqu’à 100 mètres sous nos pieds

« Si on m’avait dit, quand j’avais dix ans, qu’un jour le sable et l’eau allaient venir à manquer », soupire Dominique Bourg, pour qui « la déplétion des ressources » est un autre symptôme de notre impact sur la planète. « On a vidé tout ce qui était métaux jusqu’à 100 mètres de profondeur, explique le chercheur. Pour continuer à extraire les 16 millions de tonnes que l’humanité consomme chaque année, il faudra bientôt creuser jusqu’à 3 kilomètres sous terre et, pour ce faire, brûler la totalité de notre énergie primaire. »

En résumé :

« On ne se contente pas de modifier le système-Terre, on interagit avec lui, conclut le philosophe, qui rappelle que le système-Terre a franchi quatre de ses limites : changement climatique, érosion de la biodiversité, perturbation cycle azote et phosphore, usage des sols. Dans chacun de ces domaines, les seuils à partir desquels on peut s’attendre à des dérèglements d’ampleur ont été dépassés. « On agit, le système-Terre rétroagit, reprend Dominique Bourg. On est entrés dans une époque où le boomerang  nous revient dessus. »

TERRA ECO

http://www.terraeco.net/anthropocene-climat-Giec,64178.html

2 commentaires sur “Béton, plastique, nitrates… 10 preuves que l’Homme a changé le monde à jamais (ou l’accumulation capitalistique ? NDLR)”

  1. En réponse aux observations relatives à l’anthropocène, émises par André Duny.

    Qui est-ce qui produit ce système criminogène sinon les hommes ?
    Pour autant il ne s’agit pas d’un péché originel, d’une malédiction, mais bien du résultat de l’évolution historique de notre genre.
    Si les ‘pauvres’ ne sont pas les organisateurs de l’écocide génocidaire, ils y contribuent grandement (à l’insu de leur plein gré ?) de par leur participation active – en nombre considérable – au mode de réalisation ‘libre-échangiste’ ; au capitalocène .
    Un pauvre aujourd’hui n’est pas seulement quelqu’un-e exploité-e, mais cellui qui est exproprié-e de sa vie par la marchandisation, le capitalhomme.
    Coresponsables du massacre du vivant, les ‘pauvres’ – plus riche en humanité que les dodominants – peuvent prendre une part déterminante à son abolitionniste dépassement ; pour autant que soit mises en œuvre des praxis concourant à ne plus vivre comme des esclaves ; participant à l’instauration de la plurielle communauté humaine dans l’écoumène !

    Bonaventure

  2. Pas mal Bona

    Mais je persiste et signe

    l’empreinte des pauvre est ridicule comparée à celle des riches

    Et malgré la domination idéologique-symbolique des élites sur les dominés qui accompagne leur exploitation économique (y compris pour les 8 millions de chômeurs réels ou dépossédés du salariat comme il y a les possédés par le salariat -perdre sa vie à la gagner pour un propriétaire d’un moyens de production matériel ou d’échange commercial ou foncier ou immobilier ou culturel (industrie culturelle))….

    Justement les riches étant aussi propriétaires des moyens de la production intellectuelle peuvent dominer les consciences des dépossédés.

    Sauf que les dépossédés résistent avec les valeurs héritées de leur classe d’origine, peu ou prou dont les valeurs de solidarité, entr’aide, résistance, dignité, et aussi sobriété que les transfuges parvenus en classe moyenne ont perdu (notamment parce qu’ils ont les moyens du consumérisme, entre 2 500 et 30 000 € le mois )

    Celà dit tu as raison aussi

    Les classes populaires sont non pas co-responsables mais partiellement responsable du désastre en ne résistant pas plus ou pas du tout.

    La co-responsabilité ressort de la théorie de la …..????…..j’ai oublié le nom… qui au nom d’une certaine participation ou collaboration au système des classes populaires glissent éhontement au partage du désastre fifty-fifty…

    On appelle ça la dilution des responsabilités chaque fois (même Rabhy) dit Nous polluons nous tuons la planète

    Ainsi avec sa caisse pourrie l’ouvrier qui fait 80 bornes par jour car délocalisé ou simplement fuyant les loyers trop chers se retrouve accusé de tuer le climat alors que le bobo fait 3 fois le tour du monde par an en avion en résident dans sa maison blioclimatique où il télétravaille, ou l’actionnaire de Total (12è pollueur de CO2 mondial) qui sur un yacht 3 ponts de 5000 chevaux arpente la Méditerranée…de port en pôrt…de corps en corps aussi…

    Si le populaire collabore c’est surtout par ses représentants, cf CFDT et même CGT appelant à voter Hollande, cf Grenelle de mai 68, cf Front populaire et accords Matignon, cf alliances des partis au PS ou des combinaisons électorales pour poursuivre dans la même domination des Z’élites une fois Z’élues…

    D’ailleurs il ne participe (presque plus) au carnaval électoral ayant compris qui tirait les ficelles de la démocratie (libérale) en coulisses (alias les marchés les dominants)

    Le système (économie et économie symbolique) nous “enrôle” tous ou tente de le faire (de la pub à la culture du divertissement, de l’école à la télé, de l’entreprise à l’hubérisation,de la démocratie “représentative” aux associations soutenues par des Z’élus ou des Z’entreprises, du capitalisme collaboratif à la personnalisation des taches, …)

    L’on manque cruellement de se retrouver en convergences social et écologie, lutte des classes et luttes pour préserver la nature, rouge et vert, résistances (aux schistes nucléaire pesticides projets inutiles OGM…) et alternatives (régies municipales éoliennes, cantines bio locale sociale publique, etc etc) contre l’ancien monde, pour en sortir par en bas, donc on manque de convergences entre mouvements de la société civile (syndicats associations collectifs de lutte …) et débouchés politiques non pas dans les partis qui finissent par changer d’avis au lieu de changer nos vies mais dans la démocratie directe par laquelle le populaire, la société civile se prend en main face aux gigantesques périls qui s’abattent sur les humains (périls climatique alimentaire sanitaire et économique clash financier…) pour faire, à la base et sans procrastination,société résiliente conviviale sobre intégrée à la nature et réparatrice d’icelle…comme de multiples expériences le dessinent sous nos yeux de l’ile d’El Hierro à telle communes allemandes ou danoises, de Mouans Sartoux à Montdiidier (F) de Ungersheim (F) à Calderdale (GB) sans compter à l’ouest au Chiapas ou en Bolivie, dans les Andes ou en Inde….
    André 0675800579

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